« Chantez !
Parlez ! Personne ne vous écoute. »
C’est ainsi que s’exprimait le Père Henri
Madelin parlant de la marginalisation du christianisme dans le journal
Les mois de mars-avril ont été agités par… par
quoi ? Le souci de se placer en vue des élections présidentielles de 2007 ?
En conclusion de leur assemblée à Lourdes, le 7 avril 2006, les évêques de
France ont livré leurs réflexions : qui les a entendus ? Je me
permets de les citer : « Notre
pays se trouve, une fois encore, secoué par une crise sociale et politique de
grande ampleur. En octobre et novembre derniers, c’était les violences
urbaines, expression de la souffrance de jeunes, en grande partie issus de
l’immigration, en mal de formation et d’avenir, qui exprimaient leur refus
de la discrimination et de la marginalisation. Aujourd’hui, à travers la
contestation du CPE, c’est, de nouveau, la souffrance de la jeunesse qui
s’exprime, mais cette fois dans le domaine des études et de l’entrée dans
le monde du travail. Nous ne pouvons pas ne pas entendre cette souffrance des
jeunes, cette angoisse face à leur avenir. (…) Cette contestation manifeste
aussi fortement la crise du politique et de la représentativité. Les divisions
de la classe politique et les postures, qui apparaissent trop souvent comme un
jeu d’acteurs en vue des échéances électorales à venir, accentuent son
discrédit. (…) Mais ce malaise touche plus profondément les raisons de
vivre. Une espérance qui donne le goût d’exister ne peut se réduire à la
seule recherche de sécurité. » *
La précarité économique, bien réelle, conditionne
la vie de nombre d’étudiants. La paroisse Saint Luc à Clermont-Ferrand en a
pris conscience ; elle organise la collecte de « paniers »
garnis de denrées non périssables pour soutenir les étudiants en difficulté
financière. Et n’oublions pas les précarités affectives et spirituelles :
la solitude existe bel et bien !
Ainsi, au moment où certains prennent des vacances,
d’autres attendent dans l’angoisse que le temps passe, ou travaillent plus
dur encore en été. Savez-vous que 40% des Français ne partent jamais en
vacances ; et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce sont les
jeunes de 17 à 25 ans qui sont le plus touchés. Ils ont besoin de l’argent
gagné l’été pour financer leurs études.
Que cela ne vous gâche pas le plaisir de vivre un été
de rencontres, d’ouverture d’esprit, de découvertes. Que vous partiez, que
vous restiez, il est toujours temps d’ouvrir les yeux, d’accueillir l’imprévu,
de se nourrir d’échanges, de rires et de sourires : la fraternité peut
être autre chose qu’un slogan !
Je partage avec vous cette réflexion d’un pape déjà
ancien, Pie XII : « Le beau
doit nous élever. La fonction de tout art consiste à briser l’espace étroit
et angoissant du fini dans lequel est plongé l’homme tant qu’il vit ici
bas, pour ouvrir une sorte de fenêtre à son esprit qui tend vers l’infini.
En face d’une culture sans espérance, faites donc sourire sur la terre, sur
l’humanité, le reflet de la beauté et de la lumière divine et vous aurez,
en aidant l’homme à aimer tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de
pur, d’aimable, contribué grandement à l’œuvre de la paix. »
Je souhaite à chacun de vous un été plein de découvertes grâce aux rencontres que vous saurez initier.
Marc Denaës, curé de la paroisse Notre-Dame
des Sources
* Vous pouvez trouver l’intégralité de ce texte
sur Internet http://www.cef.fr/catho/assplenavril2006