Edito
Vive
les vacances
Même si tous n’en profitent pas de la même manière,
tous admettent que ce temps d’été est un temps de « rupture »,
le temps de faire autre chose, autrement. Un temps où l’on se « retrouve » :
chacun se retrouve soi-même (son corps, son esprit, son âme) et retrouve les
autres (ses familiers et des inconnus). Serait-ce le temps de l’aventure, intérieure,
géographique, culturelle ? Le temps de la curiosité, de l’écoute, de
la découverte ? Le temps d’entreprendre, de créer, de (re)commencer ?
Dans un merveilleux petit livre intitulé Cézanne,
un grand vivant (P.O.L., juin 2006), Charles Juliet écrit :
« Notre humaine aussi bien qu’inhumaine condition ne nous laisse aucun répit,
de sorte que tout être se trouve aux prises avec l’étrange
murmure : Qui es-tu ? Que fais-tu de ta vie ? Comment te
comportes-tu ? Pourquoi te laisser entraver par la peur ? Pourquoi
t’empêches-tu de vivre ? Abats les murs derrière lesquels tu te
blottis. Et avance. Avance. Crée toi-même la lumière dont tu as besoin… ».
Il me souvient d’un conte « joué » en ombres chinoises autrefois en colonie de vacances avec des enfants. Il s’agissait d’un homme parti à la recherche du bonheur : une vraie aventure, faite de rencontres, d’obstacles franchis (mers et montagnes), de découragement surmonté, de patience acquise et d’enthousiasmes partagés. Ce fut enfin la compagnie d’un Sage qui lui apprit que le vrai bonheur n’est pas à trouver ici ou là, au-dehors, loin ou près, mais en soi, dans le quotidien. Nombre de poètes (« Auprès de mon arbre, je vivais heureux » Georges Brassens, « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage » Joachim du Bellay) et de saints (« Je te cherchais en-dehors de moi alors que tu étais plus intime à moi-même que moi-même » Saint Augustin) ont témoigné de cette belle aventure de notre vie.
Nul besoin d’exotisme, ni de sensationnel, pour
vivre à cette profondeur ! Il paraît qu’un proverbe africain dit :
« Quand tu ne sais pas où tu vas, n’oublie jamais d’où tu viens. »
L’aventure est à notre porte. Il s’agit d’une re-création, d’un ressourcement. Serait-ce un luxe réservé à
quelques-uns ? Vous connaissez comme moi les efforts d’associations comme
le Secours Catholique ou le Secours Populaire pour permettre à des familles de
partir en vacances. Rompre avec le quotidien, découvrir d’autres réalités,
accueillir celui qui vient à notre rencontre est à la portée de tous ;
ce n’est pas toujours une question de moyen financier. Et je pense même que
cela nous est une nécessité !
A l’heure de la mondialisation, beaucoup de
personnes n’hésitent plus à faire de longs et coûteux voyages. Savez-vous
que 500 000 Chinois sont venus visiter la France en 2006 ? La France a
accueilli 77 millions de touristes cette même année.
Ne passons pas à côté des bonheurs simples.
« Là où se trouvent tes pieds commence le
voyage. » (Lao-Tseu).
Marc Denaës
Curé de la Paroisse N.-D. des Sources
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