L’Europe : 50 ans déjà !

 Certes, l’extermination massive marquait les esprits au sortir de la Deuxième Guerre mondiale. Mais au delà, ou plutôt en deçà de l’holocauste, c’est toute une somme d’événements, tragiques ou pas vraiment, d’ampleur nationale ou très localisés, qui restait gravée dans les mémoires. Parce que chacun avait été réellement concerné.

Pourtant… dès les premières années de l’après-guerre, des voix s’élevèrent pour un mot d’ordre que l’on avait déjà entendu et que l’on entendra, malheureusement, trop souvent encore à travers le monde entier : plus jamais ça !

Malgré leurs propres souffrances, leur propre expérience de la cruauté humaine, ou plutôt à cause d’elles, des hommes et des femmes appelèrent à la raison ; plus et mieux : à la fraternité. Avant d’être un processus économique et social, l’Union européenne repose sur un acte spirituel : le choix du pardon mutuel et de la paix.

Parmi d’autres précurseurs il y eut Jean Monnet et Robert Schuman, chrétiens engagés résolument pour la paix. Et puis aussi, tout près de nous, à Riom, Guy Thomas, le maire de notre ville qui, avec le docteur Kessler, son homologue de Nördlingen, engagea le processus devant aboutir au jumelage des deux villes. D’ailleurs, aujourd’hui encore, Mgr Simon, archevêque de Clermont, invite les catholiques à poursuivre ce travail et à participer à la construction d’une conscience européenne à travers des initiatives très concrètes, comme des jumelages, pèlerinages, rencontres...

Valeurs et perspectives de l'Europe de demain

Tel était le thème du congrès organisé du 23 au 25 mars 2007 par la COMECE* qui a rassemblé, à Rome, 400 personnes.

Dans le message adressé aux chefs d’Etats et de gouvernements réunis à Berlin les participants demandent notamment  que l’Union Européenne soit guidée par les valeurs et les principes qui ont inspiré l’unification européenne depuis ses débuts. Il s’agit de la dignité humaine, l’égalité entre homme et femme, la Paix et la Liberté, la réconciliation et le respect mutuel, la solidarité et la subsidiarité, l’Etat de Droit, la Justice et la recherche du bien commun. Ils sont indispensables, en particulier dans un contexte de résurgence dans nos pays, de tendances nationalistes, racistes, xénophobes ainsi que des égoïsmes nationaux ».

Parmi ces « Valeurs et perspectives », le congrès constate qu’à cette date, l’Union européenne a de nouveau devant elle des défis importants à surmonter pour garantir son futur. Il faut développer la coopération internationale en vue de combattre la pauvreté, tout spécialement en Afrique, l’exploitation des femmes et des enfants, ainsi que les violations des droits de l’homme. Il faut lutter contre les causes et conséquences du changement climatique.

De plus, les congressistes considèrent que les institutions européennes devraient agir dans les domaines relevant de leur compétence, et non pas dans ceux qui relèvent des compétences nationales. Dans cet esprit, ils appellent les Etats membres à respecter, dans le cadre de leurs législations démocratiques, la vie, de la conception à son terme naturel, et à promouvoir la famille en tant qu’union naturelle entre homme et femme dans le cadre du mariage. Le respect des droits civils et légaux des individus ne doit pas porter atteinte à l’institution du mariage et à la famille comme fondement de la société.

M. P.

*Commission des Episcopats de la Communauté européenne



Retour à la page d'accueil : Accueil