Populorum progressio : le développement des peuples

 

Il y a quarante ans (26.3.1967), le pape Paul VI s’exprimait sur le développement des peuples. Par une encyclique portant à nos oreilles un cri d’angoisse qui nous vient de la nuit des temps, mais toujours d’actualité. Sorti de la bouche même de Jésus à l’instant de sa mort, et répercuté aujourd’hui par les affamés qui n’ont même pas accès aux miettes tombées de nos sociétés d’opulence.

 

S’il fallait condenser ce message en une phrase, ce pourrait être celle-ci : « Quand tant de peuples ont faim, quand tant de foyers souffrent de la misère, quand tant d’hommes sont plongés dans l’ignorance, quand tant d’écoles, d’hôpitaux, d’habitations dignes de ce nom demeurent à construire, tout gaspillage public ou privé, toute dépense d’ostentation nationale ou personnelle, toute course épuisante aux armements devient un scandale intolérable. »

En cause, le système commercial avec le profit comme moteur essentiel du progrès économique, la concurrence, la propriété privée des biens de production (le droit de propriété ne doit jamais s'exercer au détriment de l'utilité commune), tout cela sans limites, sans obligations sociales. Mais également, l’égoïsme des peuples et des personnes.

La terre étant faite pour fournir à chacun les moyens de sa subsistance et les instruments de son progrès, tout homme a le droit d'y trouver ce qui lui est nécessaire. Tous les autres droits, quels qu'ils soient, y compris ceux de propriété et de libre commerce, y sont subordonnés.

Or l’égoïsme est perceptible dans la mondialisation, aujourd’hui signe de puissance et de pouvoir, dans les mains de quelques-uns, qui échappent à tout contrôle démocratique.

Cette lettre vieille de quarante ans appelle à un développement intégral de la personne, de toutes les personnes. Ce qui implique trois obligations : un devoir de solidarité des nations riches envers les pays en voie de développement ; un devoir de justice sociale par le redressement des relations commerciales défectueuses entre peuples forts et pays faibles ; un devoir de charité universelle par la promotion d’un monde plus humain pour tous, sans que le progrès des uns soit un obstacle au développement des autres.

Concrètement, Paul VI demande que les peuples – et les hommes - deviennent les artisans de leur propre destin. Il souhaite notamment la constitution d’un fonds mondial de la solidarité, avec une autorité mondiale efficace sur les plans juridique et politique.

Parce que, pour l’homme, il s’agit d’ « être plus » au lieu d’ « avoir plus », la croissance – d’humanité et non seulement de richesses – devient moteur de qualité de vie.

Cette démarche exhausse la misère vers la possession du nécessaire. Elle impulse la victoire sur les fléaux sociaux, l'amplification des connaissances, l'acquisition de la culture. Mais aussi la considération de la dignité d'autrui, l'orientation vers l'esprit de pauvreté. Elle incite à la coopération au bien commun, suscite la paix, amène l’homme à la reconnaissance des valeurs suprêmes et de Dieu, qui en est la source et le terme. Enfin, elle est moyen d'unité dans la charité du Christ qui nous appelle à participer en fils à la vie du Dieu vivant, Père de tous les hommes

Un cheminement à la portée de tous, hommes, femmes, enfants.

 

 

 

On peut consulter l’intégralité de l’encyclique sur le site : http://www.jesusmarie.com/encyclique_populorum_progressio.html

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