De quoi se mêle l’Eglise
?
« C’est
vrai, quoi, à la fin ! Notre vie privée, notre vie économique… rien
n’échappe à son jugement qui nous condamne ! » C’est ce que
certains pensent et disent…
Ces
derniers temps, les vieux fantasmes d’une Eglise paraissant sourcilleuse et
tracassière, tenante d’une morale rigide et puritaine, ont fait florès. Et
dans ces cas-là, l’Eglise dont on parle est celle composée de vieux
messieurs célibataires vivant isolés du monde et de ses réalités !
Il
faut bien reconnaître que les medias ne traduisent pas parfaitement la réalité
de l’Eglise et de son message. Pourtant, naïvement, nous sommes nombreux à
penser qu’ils sont au service de la réflexion, de l’information. Or, au siècle
de la mondialisation, ce qui fait spectacle (et donc se vend) est bien. D’où
la prolifération des petites phrases,
des duels radiophoniques, des
oppositions programmées, peu importe le sujet. En regard de cette actualité,
il nous incombe d’exercer notre esprit critique et de rester ouverts au
dialogue.
Le
7 décembre 1965, le Pape Paul VI et tous ses frères évêques ont signé un
texte commençant par ces mots : « Les joies et les espoirs, les
tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de
tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et
les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui
ne trouve écho dans leur cœur. »
Voilà
l’Eglise que j’aime, humble, fraternelle, joyeuse de proposer un chemin de
bonheur à l’homme, à tout l’homme, à tous les hommes. Une Eglise
professant un Dieu qui croit en l’Homme, qui l’accompagne et le défend de
sa conception à ses derniers instants. Une Eglise témoin de Jésus-Christ qui
propose une vision de l’homme différente de celle présentée par la société
actuelle. Non, l’Homme ne se réduit pas à un consommateur, un travailleur,
un producteur de richesses ! La réussite
n’est pas qu’individuelle et matérielle ; l’amour n’est pas une
technique. Qui, de nos jours, parle de l’affection et de la beauté de
l’amour réel entre un homme et une femme, de l’engagement, de la fidélité ?
J’entends
dire aussi que l’Eglise, ce sont les autres, ceux auxquels on reproche
d’aller à la messe et de n’être pas meilleurs pour autant : je suis
bien placé pour savoir que l’Eglise n’est pas parfaite puisque j’en suis !
Mais l’Eglise peut aussi être ce que les chrétiens deviennent eux-mêmes,
avec d’autres, sur leur chemin de foi. Elle offre un idéal, rappelle des
principes évangéliques, tente de proposer des jalons en rappelant que
l’homme est créé libre et qu’il est doté d’une intelligence qui lui
permet des choix réfléchis.
Croire,
c’est être en état de veille.
Marc Denaës, curé de la paroisse Notre-Dame des Sources
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