Les
évêques de France se mobilisent contre l’enfermement
Dans
leur déclaration du 15 mai, les évêques de France répondent à leur manière
à la politique migratoire mise en place par le gouvernement français ;
politique menée actuellement par Eric Besson, ministre de l’Intégration et
de l’identité nationale.
Alors
que les frontières européennes tombent, les conditions de rétention et de
circulation se détériorent, voire se durcissent.
Ces
lieux deviennent des véritables murs pour protéger, pour séparer, pour
enfermer. Ainsi que l’indique la Cimade dans son numéro de mars 2009,
"derrière ces remparts, à l’abri des regards, des hommes, des femmes,
des enfants sont enfermés parce que étrangers... On
fait du chiffre d’expulsion, on définit des quotas d’accueil, on lance
des appels d’offre pour l’intervention dans les lieux de rétention. Langage
économique qui chosifie les êtres humains."
La
lettre des évêques de France, que nous publions ci-dessous, prend le
contre-pied de cette logique inhumaine et barbare. C’est une Bonne Nouvelle !
« Les
personnes migrantes en situation irrégulière voient s’accentuer leur précarité
en raison de la crise internationale. Certains d’entre nous exercent à leur
égard la présence humanitaire élémentaire qui s’impose avec conscience et
fidélité. Mais ils se sentent suspectés au motif de cette proximité :
contrôles fréquents, mises en garde à vue, rappels à la loi.
Ces
acteurs de terrain sont accusés d’agir par passion ou naïveté, voire soupçonnés
de faire le jeu de filières, de passeurs. Nous ne pouvons nous résoudre à ce
que ce climat de suspicion démobilise ceux pour qui la solidarité n’est pas
un vain mot.
La
fraternité à laquelle nous aspirons est bien un principe de notre République,
et aussi un guide majeur de la pensée sociale de l’Église catholique.
L’État
et les collectivités locales ne peuvent assumer à eux seuls de tels
engagements envers les populations vulnérables. Ils doivent s’appuyer sur le
tissu associatif afin de servir la cohésion et le vivre
ensemble.
Nous
sommes alertés et vigilants sur cette atteinte aux initiatives d’actions
solidaires. Nous pensons que cette situation nécessite l’ouverture d’un débat
avec nos élus. Nous demandons une réflexion qui intègre tous les aspects de
ce grave problème.
« L’Église
se sent le devoir d’être proche, comme le bon samaritain [évangile de St Luc
X-30 à 35 – NDLR], du clandestin et du réfugié, icône contemporaine du
voyageur dépouillé, roué de coups et abandonné sur le bord de la route. »
(Jean-Paul II
- message pour la Journée des migrants et des réfugiés - 15 janvier 1997). »
Cette lettre est signé par :
Mgr Michel Santier, évêque
de Créteil, Président du conseil pour les Relations interreligieuses et les
nouveaux courants religieux
Mgr François Garnier, archevêque
de Cambrai, Président de la commission pour la Mission universelle de
l’Eglise
Mgr Claude Schockert, évêque
de Belfort-Montbéliard, membre de la commission pour la Mission universelle de
l’Eglise
d’après Golias.fr
Retour à l'accueil : Accueil