Fêtes
de Noël : « l’espérance habite la terre ! »
A cette époque de l’année, depuis la nuit des temps, les êtres humains célèbrent, de bien des manières, la victoire de la vie sur les forces de mort qui semblent tout engloutir dans le froid et l’obscurité, y compris le soleil, source de chaleur, de clarté, source de vie !
Aujourd’hui,
et cela depuis quelques centaines d’années, notre humanité sait que le
soleil ne va pas (encore) mourir, qu’il s’agit du cycle des saisons ;
cependant, nous fêtons tous Noël, certes, de bien des manières, mais nous le
fêtons… Et si notre situation ne nous permet pas de faire la fête en ces
jours, nous sommes malheureux, comme exclus de la société humaine.
C’est
que la mort, qui gagne sur la vie, reste toujours d’actualité ; non
seulement parce que nous prenons conscience de la fragilité de notre terre,
mais surtout, peut-être, de la fragilité de la fraternité réelle qui nous
relie les uns aux autres : nous n’arrivons pas, malgré nos efforts, à
faire advenir la paix, la justice, la liberté. A l’échelle de notre
entourage comme à l’échelle de l’ensemble de l’humanité. Serions-nous
marqués d’un échec tragique ? Les événements le plus souvent rapportés
par la grande majorité des médias vont dans le sens de cette vue tragique :
comme nos ancêtres lointains, la nuit mortelle nous semble tout engloutir.
Et
pourtant ! Tenaces, des femmes et des hommes de tous coins de notre terre
continuent à agir pour qu’advienne réellement cette humanité fraternelle.
Ces personnes ne le font pas qu’à Noël mais, en ces fêtes, il arrive que
nous y fassions plus attention car beaucoup d’entre nous se sentent
alors capables de poser des actes dans ce sens. Voilà où s’agrippe,
tenace même si elle est le fait d’une minorité, l’espérance qui habite la
terre.
Comment
chacun de nous va-t-il choisir de vivre ces fêtes ? S’étourdir en
consommant au-delà du raisonnable ? mais avec la « gueule de bois »
nous retrouverons notre angoisse de fond ! Poser soi-même ou rejoindre des
initiatives d’attention aux autres humains ? nous garderons au plus
profond de nous l’expérience de l’espérance !
Et
si nous osions aller encore plus loin, jusqu’à susciter un partage des
raisons d’espérer qui nous habitent, malgré nos différence. Toi, humaniste
athée, comment tiens-tu dans l’espérance ? nous avons besoin de
t’entendre ! Toi, bouddhiste, quelle est ta vision de notre condition,
comment la vis-tu ? nous avons besoin de t’entendre ! Toi, musulman
tant caricaturé en ces temps de violence, dis-nous comment tu essaie de vivre
ta foi en Allah ! nous avons besoin de t’entendre ! Toi, juif, qui
mets ta foi dans la promesse du Dieu Saint, exprime-nous ton espérance !
nous avons besoin de t’entendre ! Et toi qui ne te retrouverais pas dans
ces appels, n’en doute pas, nous avons besoin de t’entendre aussi !
Et
nous, chrétiens, nous dirons l’étrange nouvelle de Dieu, inattendu, qui
vient rencontrer les êtres humains, ses créatures bien-aimées, nous envoyant
son Fils unique, son bien-aimé, bébé fragile ! Quand on aime on fait
tout pour être proche de l’autre sans l’écraser de sa présence. Mais nous
comprenons la difficulté à croire en un tel acte de Dieu car, nous-mêmes, en
sommes si souvent ébahis.
La
méconnaissance des autres est une réelle cause de vies en parallèle, et peut
être un terreau où s’entretient la haine. Loin de nous l’idée d’une
rencontre pour se convaincre, mais plutôt pour se connaître en profondeur.
Père Bernard Ladet
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