La
joie lumineuse de Noël
Noël, une fête multiculturelle ? En un certain sens oui. Nombreux sont les pays où l’on retrouve les lumières, les guirlandes, les crèches, les chants traditionnels, les rencontres, les repas de famille, les cadeaux, les incontournables marchés de Noël. Il y a aussi la joie et les gestes d’amitié, les élans de solidarité à l’égard des moins favorisés. Autant de réalités qui constituent aujourd’hui le climat social de Noël, une fête à l’heure de la mondialisation.
Mais multiculturel n’est pas synonyme de salade de
fruits où prédominerait un excellent sirop susceptible d’anéantir la saveur
originale des fruits qui la composent. Ne serait-il pas regrettable que dans
cette célébration de Noël s’évanouissent l’originalité et la saveur du
Noël chrétien ?
On peut rétorquer bien sûr que Noël appartient aux
grandes inventions du christianisme qui ont imprégné bien des civilisations
dont la nôtre. Mais suffit-il de redire cela ? Une traditionnelle
participation à la messe de minuit suffit-elle à insuffler dans la course
contre la montre pour l’achat des cadeaux, des jouets et des chocolats, une
dimension spirituelle consistante et perceptible aux observateurs ? Le chrétien
lui-même ne se laisse-t-il pas piéger dans la fièvre des préparatifs matériels
et dans le jeu social des cadeaux à échanger ? « Si vous réservez
vos saluts à ceux qui vous saluent, que faites-vous d’extraordinaire et
d’original ? » nous dit l’Evangile.
Où sont donc les véritables racines chrétiennes de
Noël ? N’est-ce pas dans
l’humus de la révélation que nous transmet l’Eglise depuis ses origines ?
Une révélation qui s’exprime tout particulièrement à travers la prière de
la communauté chrétienne.
Noël y apparaît d’abord comme le couronnement
d’une longue et mystérieuse histoire d’amour – histoire souvent mouvementée,
parsemée d’échecs et de reprises - entre
Dieu et les hommes. Une histoire commencée au cœur même du Dieu Trinité. A
Noël, Jésus, le Fils éternel du Père, rejoint l’humanité en prenant lui-même
la condition humaine dans le sein de Marie, femme de notre race.
Noël est le point de départ
d’une re-création de l’homme. En Jésus, Dieu qui ne sait quoi
inventer pour dire à l’homme qu’il est une histoire sacrée et inviolable,
s’abaisse pour se mettre à la portée de l’homme. Dieu se fait plus humain
qu’aucun d’entre nous, pour que nous apprenions à vivre à la manière de
Dieu.
Noël, c’est aussi l’inauguration d’une
nouvelle histoire d’amour qui s’achèvera dans le cœur du Dieu Trinité.
Alors, tout cela , l’Eglise le proclame, le prie et
le chante d’une manière forte et virile, qui ne cède en rien à la poésie :
« Un Enfant nous est né, un Fils nous est donné, éternelle est sa
puissance ! » ; « Venez
adorons-le ! » ; « Je vous annonce une grande joie :
aujourd’hui, il nous est né un Sauveur ! C’est le Messie, le Seigneur ! » ;
« Un jour saint s’est levé sur nous ! aujourd’hui une
grande lumière est descendue sur la terre ! » ;
« La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne
l’ont pas arrêtée ! » ;
« Dieu notre Sauveur a manifesté sa tendresse et sa bonté pour
les hommes ! » ; « Eclatez en cris de joie » ;
« Danse et crie de joie, peuple de Dieu » ;
« La campagne toute entière est en fête… les arbres des forêts
dansent de joie ! » ; « Gloire
à Dieu dans le ciel, paix aux hommes qu’Il aime ! ». Un véritable
feu d’artifice !
Ce feu d’artifice, cette joie lumineuse doit donner
des couleurs à tout ce que nous vivons en ces jours de fête. Une joie qu’il
ne faut pas mettre sous le boisseau. Une joie qu’il faut signifier
avec la délicatesse qui convient au cœur de toutes les nuits du monde.
Une joie venue du Grand Jour d’éternité à laquelle petits et grands sont
invités. Une joie qui, aujourd’hui encore devrait étonner le monde.
« Il est né le divin enfant
Jour de fête aujourd’hui sur terre
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.
Qu’il revienne à la fin des temps,
Nous conduire à la joie du Père ;
Qu’il revienne à la fin des temps,
Et qu’il règne éternellement. »
Père René
Lavaur
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