De
retour du Mali
Dans le numéro de Pâques 2007, nous vous présentions
le projet de solidarité internationale de quatre jeunes étudiants, membres du
groupe Scouts et Guides de France de Riom : Adrien Boulonne, Étienne
Bruant, Guillaume de Rémacle et Mathieu Teulet. De retour du Mali, où ils ont
séjourné un mois cet été, deux d’entre eux évoquent ce qu’ils
retiennent de cette expérience de solidarité particulièrement marquante.
Ensemble :
Comment l’idée d’une action solidaire avec le Mali est-elle née ?
Mathieu Teulet : Nous avions le désir de
mieux connaître le continent africain et d’œuvrer à son développement. Le
Mali, qui est l’un des pays les plus pauvres du monde, s’est rapidement
imposé à nous.
Adrien Boulonne : Il faut ajouter que nous
avions à portée de main une association qui dispose déjà d’une expérience
dans le domaine du développement. Il s’agit de « Ensemble-Riom »,
qui travaille depuis une dizaine d’années avec le Mali. Ses bénévoles nous
ont fourni les relais indispensables sur le terrain. Ainsi, notre action a pu
s’inscrire dans la durée.
Quels étaient vos
objectifs ?
A.B. : Notre projet comportait au départ deux
actions principales : la rénovation de deux salles d’accueil d’un
dispensaire de l’hôpital de Bamako, la capitale, et la plantation d’une
soixantaine d’arbres fruitiers (citronniers, mandariniers, orangers,
goyaviers…) dans un foyer fermé pour femmes.
M.T. : En fait, notre action a commencé en
France. Durant deux ans, nous nous sommes efforcés de réunir les fonds nécessaires
à notre projet : au total, huit mille euros pour financer notre voyage,
mais aussi pour acheter des matériaux. Nous avons organisé différentes opérations
ponctuelles mais nous avons aussi été soutenus par des sponsors.
Avez-vous pu réaliser
l’ensemble de votre programme ?
M.T. : A cause d’imprévus, une seule des
deux salles d’attente de la maternité du dispensaire a été carrelée
et repeinte. Mais les matériaux que nous avons achetés sont restés sur place
pour la seconde pièce.
A.B. : Il faut dire que le travail a été
beaucoup plus dur que nous ne l’avions imaginé. Nous avons voulu nous lancer
tout de suite, sans vraiment nous acclimater. Résultat : nous avons tous
eu des problèmes de santé qui ont interrompu nos travaux pendant plusieurs
jours. Deux d’entre nous ont même dû être hospitalisés !
Quelles ont été
les rencontres marquantes de votre séjour au Mali ?
A.B. : Pour ma part, j’ai été marqué par
David, notre guide en pays Dogon. Nous voulions achever notre séjour par quatre
journées de découvertes et de rencontres dans cette région très touristique
du Mali. Grâce à lui, ce fut un moment très fort humainement.
M.T. : Il y aurait beaucoup de personnes à
citer ! A Bamako, nous avons fait la connaissance de Zacharie, un étudiant
un peu plus âgé que nous, dans une situation précaire. Il nous a accompagnés
tout au long de notre séjour et nous a aidés dans nos travaux. Nous avons été
impressionnés par son courage, ses engagements, mais aussi par sa gentillesse
et sa générosité, qui résument bien les qualités des Maliens que nous avons
rencontrés.
Parlez-nous un peu
d’un temps fort de votre séjour.
M.T. : Nous avons eu la chance de pouvoir
vivre un camp scout à Bamako avec des Maliens. Une quarantaine de jeunes s’était
réunie pour fêter le centenaire du mouvement, comme partout dans le monde
cette année. Nous avons partagé avec eux leurs joies et leurs peines, le
quotidien du camp, les moments festifs.
A.B. : Cette expérience nous a permis de découvrir
aussi que nous avions beaucoup de valeurs en commun. La fraternité a été très
forte entre nous.
Quel bilan
tirez-vous de votre action ?
A.B. : Sur place, nous avons appris à changer
notre manière de voir et à adopter la philosophie malienne : accepter la
réalité telle qu’elle est, tout en se disant que l’on peut toujours
apporter sa pierre. Notre expérience nous a rendus plus attentifs aux autres.
Elle a aussi renforcé notre engagement dans le scoutisme dont les valeurs,
comme la solidarité ou la fraternité, prennent davantage de sens.
M.T. : De retour en France, j’ai beaucoup
relativisé les choses auxquelles nous donnons parfois trop d’importance au
point de ne pas voir l’essentiel. Nos études ne nous permettent pas
d’envisager un nouveau projet à court terme mais nous avons à cœur de
partager notre expérience avec les plus jeunes, notamment en nous engageant
dans la « maîtrise » scoute (l’encadrement).
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