Fête de l’Epiphanie ! Quel drôle de nom !
Beaucoup parlent de « tirer les rois »,
« manger la galette des rois », « tirer la fève »,
d’autres encore des « rois mages ». Comment s’y retrouver ?
On parle beaucoup aujourd’hui de l’importance des « traditions »,
de « nos racines ». Qu’en est-il alors de cette fête qui revient
chaque année ?
Les « rois », « manger la galette »
« tirer la fève » ; je joins ces éléments car ils
fonctionnent ensemble : le plus
jeune de l’assemblée se cache et indique à qui est attribuée chaque part de
la galette (ou de la brioche). La personne désignée par le hasard (guidé par
l’enfant innocent) trouve la fève cachée dans sa part et devient « roi »
le temps de la fête. Il se vit de multiples variantes, mais l’on y trouve
toujours ces éléments.
Avez-vous remarqué que cette galette (ou brioche) est ronde et dorée, comme… un petit soleil ? Les fêtes de Noël et de la galette des rois (fêtes toutes proches et parfois confondues) se situent, en effet, à cette période de l’année où nos ancêtres repéraient un phénomène vital de la nature : le soleil qui semblait s’éteindre, disparaître, mourir (et avec lui toutes les formes de vie), le soleil regagnait sur la nuit (le solstice d’hiver) et la vie reprenait ! Quelle espérance vitale ! Encore plus fou même : à Rome les esclaves pouvaient devenir maîtres (pour un jour seulement, et sans exagérer tout de même) ! Espoir de plus de fraternité humaine ?
Certains parlent des « rois mages », ils
vont même jusqu’à indiquer leur nombre, leur nom et leur couleur de peau,
or, jusque là, nous n’avons parlé que de « roi », quelle est
cette nouveauté ? mage et roi, ce n’est pas la même fonction !
Ce sont les chrétiens qui ont ajouté le mot
« mages » car ils se réfèrent au chapitre II de l’Evangile selon
saint Matthieu « des mages venus de là
où le Soleil se lève » ; ce passage parle aussi de deux
rois « le roi Hérode » et « le roi des juifs qui vient d’être
enfanté ».
Ces mages sont des sages, chercheurs du sens de tout
ce qui existe ; ils ne font pas partie du peuple officiel de Dieu, ce sont
des étrangers ; leur vie est occupée à observer l’immensité mystérieuse
du ciel, y cherchant le sens de tout ce qui existe. Et voilà qu’au cours de
leur observation, un astre brillant apparaît soudainement (epiphania). Voilà
dans leur recherche un signe ! Alors ils se bougent, se mettent en route,
se dérangent pour venir rencontrer et reconnaître à sa juste valeur
l’inconnu qu’indique cet astre. Dieu se manifeste et ils se mettent en
recherche. Ces hommes, qui n’étaient pas du Peuple officiel des croyants, ont
eu besoin, pour aboutir dans leur recherche, des croyants qui ont su leur
indiquer le lieu où se trouvait Celui qu’ils cherchaient.
Dieu fait donc signe à tout être humain, dans ce
qui occupe sa vie. Quelle espérance vitale ! Personne n’est abandonné,
laissé de côté par Dieu ! Veillons aux signes qu’Il nous adresse au cœur
de nos vies et mettons-nous en recherche.
Il y a un autre aspect à cette fête chrétienne :
que les croyants du Peuple officiel de Dieu fassent attention à ne pas passer
à côté de Celui que Dieu leur indique. Il ne suffit pas de l’indiquer aux
autres, nous sommes tous invités à nous mettre en recherche, ensemble.
Personne ne possède Dieu.
Bonne recherche à tous !
Bernard LADET prêtre
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