Frédéric Ozanam (1813-1853)
Lyonnais, élevé dans un foyer chrétien, " monté à Paris " pour y préparer avec succès deux doctorats - droit et lettres - Frédéric Ozanam fut historien de l'Eglise, chercheur de renommée européenne et professeur passionné.
Dans une période politiquement instable et difficile, où l'industrialisation a fait naître dans les villes une masse ouvrière déracinée et exploitée, il s'engage contre l'injustice et la misère. Dans une de ses conférences de droit, il disait : " Il y a une exploitation de l'homme par l'homme quand le maître considère l'ouvrier non comme un associé ou un auxiliaire, mais comme un instrument dont il faut tirer le plus de service possible au moindre prix ".
Frédéric Ozanam, époux heureux, père de famille comblé, est le précurseur, le " prototype " de l'engagement apostolique au sein de la cité. " Il a le courage lucide d'un engagement social et politique de premier plan à une époque agitée de la vie de son pays, car aucune société ne peut accepter la misère comme une fatalité sans que son honneur n'en soit atteint " (Jean-Paul II).
En créant, avec six de ses amis, étudiants catholiques
comme lui, une " Conférence de Charité ", il donnait naissance à la
Société Saint-Vincent-de-Paul dont le but était l'aide aux miséreux dans un
souci de service et de partage. En préconisant la division des membres en
petites équipes, les
" Conférences Saint-Vincent-de-Paul ", il assurait la diffusion de
son mouvement dans toute la France, dans une action de proximité, de contact
personnalisé avec les plus pauvres.
Aujourd'hui, la Société Saint-Vincent-de-Paul s'étend sur tous les continents et regroupe près d'un million de vincentiens.
En faisant de Frédéric Ozanam un " Bienheureux ", c'est un signe fort que l'Eglise a envoyé aux laïcs en les conviant à se tourner vers leur prochain, en suivant l'exemple du Bon Samaritain.
M.J. Lapalus