Elections :
Qu'as-tu fait de ton frère ?
Message
des évêques présenté aux journalistes par Mgr Georges Pontier, vice président
de
Beaucoup
de Français, et parmi eux des catholiques, éprouvent un sentiment de malaise
vis-à-vis du monde politique. Ils veulent un changement. Ils aspirent à
trouver personnellement ce qui donne un sens à leur vie et les invite à
participer à l’action collective.
Construire
une cité plus fraternelle, tel est le devoir d’un chrétien, tel est aussi
l’idéal républicain. La liberté et l’égalité, sans la fraternité,
deviennent lettre morte. Violence, crainte de l’avenir, souci de garder le
pouvoir et d’accumuler l’argent ailleurs montrent que les hommes ont du mal
à vivre dans l’amitié et le respect de l’autre. Les chrétiens doivent
travailler à ce « vivre ensemble ».
La
grandeur de l’homme est de s’assumer et d’être libre. Il ne peut avoir
confiance en lui que s’il accepte à la fois cette grandeur et les limites de
son humanité.
Sa
présence auprès du frère en difficulté, aussi nécessaire soit-elle, n’épuise
pas les devoirs que suscite l’amour du Christ en lui : l’action, par le
biais du politique, est une forme indispensable de l’amour du prochain. Celui
qui méprise le politique ne peut pas dire qu’il aime son prochain et répond
à ses attentes. Celui qui méprise le politique méprise la justice.
Si
l’Eglise ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier
une société la plus juste possible, si elle ne peut ni ne doit se mettre à la
place de l’Etat, elle ne peut ni ne doit non plus rester à l’écart dans la
lutte pour la justice.
Dès
lors, et à la veille de voter, il semble particulièrement important de réfléchir
à ce que nous demandons aux responsables politiques.
L’organisation
politique existe par et pour le bien commun, lequel est plus que la somme des
intérêts particuliers, souvent contradictoires entre eux. Il doit être
l’objet d’une recherche inlassable de ce qui sert au plus grand nombre, de
ce qui permet d’améliorer la condition des plus démunis et des plus faibles.
Il se doit de prendre en compte, non seulement l’intérêt des générations
actuelles, mais également, dans la perspective d’un développement durable,
celui des générations futures.
En
bien des domaines, l’Europe est devenue la condition de la liberté et de la
prospérité de notre pays. Cependant, il ne peut s’agir d’une disparition
de l’Etat au profit d’une construction européenne qui risquerait alors de
se réduire à des structures bureaucratiques.
Il
s’agira de faire face aux problèmes soulevés par la mondialisation,
d’accroître les investissements nécessaires au développement [notamment des
pays dits émergents], d’avoir en
commun des politiques migratoires, énergétiques et de défense, et de
promouvoir une certaine harmonisation fiscale et sociale.
La
famille.
Elle est la cellule de base, essentielle, de la communauté humaine.
Le
message de l’Eglise appelle à bâtir des familles stables, fondées sur des
couples, unissant un homme et une femme, qui prennent le temps de se préparer
à leurs responsabilités d’époux et de parents.
Parmi
les difficultés rencontrées par les familles, le logement est sûrement un
problème majeur. Au delà des difficultés techniques pour résoudre cette
question, le logement doit être, pour l’Etat, une priorité politique
essentielle.
L’emploi.
Il n’existe pas de bonne économie sans le respect des personnes. Le travail
est un facteur d’intégration. C’est l’un des chemins par lequel l’homme
et la femme se réalisent et font société. C’est un droit, mais aussi un
devoir. C’est une cause nationale justifiant les efforts personnels et
collectifs, par exemple :
-
choisir une filière correspondant aux goûts personnels mais aussi aux
besoins du pays,
-
accepter de se syndiquer (pour les salariés) et en admettre la nécessité
(pour les chefs d’entreprises),
-
valoriser le travail manuel.
Ces
efforts n’exonèrent pas l’Etat de ses responsabilités. Il doit les
soutenir et rendre les choix possibles.
La
mondialisation et l’immigration.
Il ne s’agit pas tant de se féliciter du développement des échanges et de
la découvertes des cultures, ou de se lamenter des délocalisations et de la
concurrence. Il faut plutôt nous interroger sur nos comportements personnels et
collectifs dans cette nouvelle donne.
Nous
sommes habitués à la libre circulation de l’argent, des marchandises et des
informations, mais plus réticents à la liberté de circulation des
personnes… Pour les chrétiens,
l’accueil des migrants est signe de l’importance attachée à la fraternité.
Certes, on ne peut nier qu’un pays a des limites à sa capacité d’accueil,
cependant, il convient de prendre notre juste part à cet accueil. Et juste,
ici, veut dire « de façon généreuse ».
On
trouvera le texte intégral notamment sur le site Internet http://www.catholique-arras.cef.fr/
spip/
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