La liturgie orientale byzantine insiste plus que la liturgie occidentale sur l’Eglise comme lieu de la célébration du mystère de Dieu.

Encore faut-il s’entendre sur le sens du mot mystère.

Dans le langage courant, il s’agit d’une énigme sur laquelle il est quasiment impossible de faire la lumière ; le mystère est impénétrable.

Dans la bible et dans la liturgie, il est au contraire une manifestation de Dieu qui vient éclairer le croyant. Par le mystère, Dieu s’approche, se révèle.

Les fresques de l’église Sainte-Anne de Châtel-Guyon ne sont pas une décoration pour donner un côté exotique à une église auvergnate. Il ne s’agit pas non plus d’un support pédagogique  pour mémoriser les récits bibliques.

Enracinées dans la tradition orientale, ces fresques, par l’expression des regards, la position des mains, l’emplacement des personnages, veulent permettre d’expérimenter le mystère de Dieu.

Devant une icône, le plus important n’est pas de la regarder comme un objet à analyser ou à admirer. L’important, c’est de se laisser regarder par elle. Le croyant authentique est celui qui laisse le Christ poser son regard sur lui. Celui qui entre dans cette église est invité à vivre cette expérience : « Jésus posa son regard sur lui et il l’aima »*. De même, il ne propose pas une relation avec Dieu demain, durant la vie éternelle ! Il propose une vie avec Lui dès maintenant. Le jeune homme riche sur lequel le Christ a posé son regard est lui a dit « suis moi »* s’en est allé « parce qu’il avait de grands biens »*. Le disciple chrétien est celui qui, à cette même question, peut répondre « me voici ».

 

* Evangile de Marc X, 17-30

 

Extraits de l’homélie du Père P. Destable à Châtel-Guyon

Le 15 octobre 2006

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