La Croix, objet religieux et signe liturgique

1.      Origine

Pour les chrétiens, la croix est le signe de leur foi. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Pendant les trois premiers siècles, ils ont, dans leur iconographie religieuse, fait plus volontiers appel à l’eau, au poisson, au pain pour signifier leur appartenance au christianisme

La croix est devenue signe fondamental d’appartenance vers le quatrième siècle, lorsque au terme des grandes persécutions, les autorités politiques de l’Empire romain ont commencé à se réclamer du christianisme.  Selon la tradition, l’empereur Constantin, qui n'était pas chrétien, s’apprêtait à livrer bataille à l'empereur Maxence (au Pont Milvius, tout près de Rome, en l'an 312), lorsqu'il vit dans le ciel s’inscrire une croix lumineuse avec les mots "In hoc signo vinces" c'est-à-dire  "Par ce signe tu vaincras". Il remporta effectivement la victoire, et adopta donc ce signe sur les étendards de ses armées, un peu comme un porte-bonheur au début, avec plus de conviction ensuite. Suivirent plusieurs batailles victorieuses successives qui l'incitèrent à se convertir au christianisme. Il se fit baptiser sur son lit de mort en 337.

2. Sens symbolique et signe liturgique

Dès lors, la croix, instrument du supplice de Jésus, est devenue le signe de l'amour de Dieu pour les hommes. Plantée aux carrefours des routes et des chemins, au sommet des clochers, gravée sur les monuments funéraires, accrochée dans les maisons, portée au cou comme un bijou, offerte en cadeau lors d'un événement religieux, la croix donne sens à l'histoire des hommes. Dans le monde occidental, sa forme a inspiré le plan de beaucoup d'églises.

A l'intérieur, sur les murs ou les piliers, des croix inscrites dans un cercle et au nombre de douze sont signe de la consécration de l'édifice lors de sa construction. Une croix est aussi placée près de l'autel et sur l'autel lui-même figure une pierre gravée de cinq croix. Enfin le tabernacle est souvent surmonté d'une croix en bois ou en métal.

On trouve également la croix sur les vêtements des célébrants (étole, chasuble). L'évêque porte une croix sur la poitrine. En tête des processions, on porte en général une grande croix appelée croix de procession.

La croix est aussi très présente dans la vie liturgique : avec le signe de la croix débute la célébration de la messe ; en préparation à la lecture de l'Evangile, le célébrant trace le signe de la croix sur l'évangéliaire, puis à nouveau à trois reprises sur son front, ses lèvres et son cœur pour demander que la parole de Dieu irrigue ses pensées, ses paroles et sa volonté ; les fidèles font de même. A la messe, le prêtre fait un signe de croix sur le pain et le vin pour signifier la présence du Christ.  Et il conclut par la bénédiction: "que le Seigneur vous bénisse, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit". Lors du baptême, le prêtre trace le signe de la croix sur le front du baptisé en signe d'entrée dans la famille chrétienne. Ce signe est la marque d'appartenance à la communauté des chrétiens. De la même façon, lors du sacrement de Réconciliation, le prêtre fait le signe de la croix lorsqu'il accorde le pardon, pour signifier que ce pardon est donné "au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit".

On voit donc que le signe de la croix, si présent dans la vie des communautés chrétiennes, est un rappel répété des paroles du Christ : "Car, là où deux ou trois [d'entre vous] se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux" (Mt.18,20). Quand des chrétiens tracent le signe de la croix, ils signifient leur adhésion au Seigneur ; ils rendent public le fait qu'ils forment communauté au nom du Christ et que le Christ est là, au milieu d'eux.

A.-M. et H Geneste

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