édito

 

Depuis quelques jours ils sont des milliers dans nos rues. Plus de 5000 rien que pour Riom, une belle manif ! Evidemment, ces flux migratoires ne passent pas inaperçus. Ils rythment nos vies et constituent un « marché » non négligeable que les médias cherchent à séduire depuis belle lurette. J’ai nommé… nos écoliers, collégiens et lycéens.

Les jeunes, parfois critiqués dans leurs excès (vestimentaires, de langage, de comportement) sont la « force vive » de la nation, mais aussi de toute cité qui, en son absence, périclite et meurt.

Dans le périmètre de notre paroisse aussi, ces jeunes sont dignes d’« intérêt ». Certes, il ne s’agit pas de faire de ces têtes blondes (ou brunes, ou rousses) un objet lucratif comme peut le voir un marchand de bonbons ou de crayons. Non, il s’agit plutôt de discerner en eux un potentiel de vitalité, le creuset où peuvent (où doivent) s’élaborer la société et l’Eglise de demain. Car ils sont déjà en prise avec le monde moderne, vibrent déjà de ses frémissements, souffrent déjà de ses injustices. Que les plus grands d’entre eux s’enthousiasment alors pour une idée, ou pour la rejeter, c’est le signe positif qu’ils ne sont pas indifférents à l’avenir que nous, les aînés, leur concoctons depuis quelques décennies !

Car les défis sont d’importance pour cette jeunesse qui se bombarde joyeusement et avec une apparente insouciance de SMS, et semble n’avoir pour tout horizon que le (très) petit écran de son portable omniprésent.

Pourtant ! A l’image des aventuriers de l’Ouest (américain) qui cherchaient de l’or, de ceux du Nord et du Sud (de la France) aux poumons silicosés dans les filons (d’or également, mais noir celui-ci), à l’exemple des missionnaires évoqués dans ce magazine, partis annoncer la Bonne Nouvelle aux peuples lointains, nos jeunes ont des combats exaltants à mener ! Car des pays « émergeants », qu’ils soient à notre porte ou en Orient (Moyen ou Extrême), s’engagent dès à présent dans une compétition vitale. Elle l’est aujourd’hui pour eux, elle le deviendra demain pour la vieille Europe si nous sommes dans les tribunes au lieu de dribbler sur la pelouse.

La joute n’est pas seulement économique, elle concerne aussi notre patrimoine culturel et spirituel, ce dernier souvent allègrement sous-estimé.

Plus que jamais la place des chrétiens est sur le terrain. Effectivement, des jeunes de notre paroisse sont déjà engagés (et ce n’est pas d’hier) dans des mouvements, des associations. Avec « une autre idée de la France » et du monde. A cause de cela, ils sont partie prenante d’une société en profonde et rapide mutation. Se montrent entreprenants face aux difficultés que connaissent les hommes de certains pays défavorisés de la planète. Notamment de ces pays dont nous achetons les produits à vil prix… !

Que de terres à défricher et labourer afin de les rendre fertiles. « La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers »*. Un constat qui n’est pas nouveau, qu’avaient fait déjà en leur temps les prêtres dont les successeurs nous ont rendu visite il y a quelques mois. Ils avaient réagi par le don de leur personne. Ainsi, depuis vingt siècles, la Bonne Nouvelle, l’amour inconditionnel de Dieu pour les hommes, est proclamée. Diversement reçu, ce message devrait nous stimuler, nous donner force et audace pour déplacer des montagnes afin que, sur cette terre, chaque homme soit traité avec amour et respect, en fils de Dieu, donc en frère.

Pour nos jeunes, mais également pour nous, adultes, cela aussi pourrait être un défi de rentrée scolaire.

 

* Evangile selon Matthieu (IX – 37)

M. P.

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