Vous avez dit « équitable » ?

 

En cette rentrée scolaire 2006, la question se pose pour chacun de nous. Quel regard portons-nous sur l’Autre ? A quoi sommes-nous prêts à renoncer pour que les pays pauvres sortent enfin de la misère dans laquelle notre société d’opulence les confine ?

 

Mexique

C’est pour répondre positivement à cette dernière question que le Père Francisco est allé, en accord avec son évêque, travailler comme journalier chez des paysans Mexicains. Le prêtre-ouvrier hollandais avait pour mission d’examiner in situ les problèmes de la vente du café et de trouver des solutions afin que les cultivateurs puissent vivre de leur travail.

Le jeu des intermédiaires est rapidement éventé. La solution est simple de prime abord : il faut les éviter. En achetant eux-mêmes des sacs de joute, en louant un camion, les paysans de trois villages réunis en coopérative vendent directement leur production. Elle leur rapporte ainsi quatre fois plus que ne la payaient les grossistes, assurant enfin un revenu décent à leur famille. La nouvelle se répand comme un incendie sous les tropiques. Ce sont bientôt neuf, puis dix sept villages qui adhèrent.

Certes, il y eut des réactions de la part des intermédiaires, et même des assassinats de leaders paysans. Mais c’était sans compter sur la détermination de ces hommes qui retrouvaient la dignité dans leur travail !

Comme il fallait asseoir le nouveau processus de vente, le Père Francisco, avec son ami Nico Roozen, militant associatif aux Pays-Bas, créa le label Max Havelaar (du nom d’un anticolonialiste hollandais).

Et ce sont ces produits que l’on trouve aujourd’hui dans bon nombre de magasins, y compris des grandes surfaces. Un peu plus chers, ils garantissent néanmoins un salaire honnête aux producteurs.

d’après Echos de chez nous avril 2006

paroisse Ste Marie en Combrailles

 

Afrique de l'Ouest

Parce que c’est pour eux une question de survie, les producteurs de coton ont compris que ce n’est qu’au prix de leurs propres efforts qu’ils peuvent venir à bout de la pauvreté endémique. Ils se sont alors mis à la tâche mais, au moment où ils obtenaient un nouveau record de production, les cours du coton se sont effondrés.

Nos discours lénifiants n’y feront rien. Aujourd’hui, ils s’interrogent sur la volonté réelle des pays riches à faire reculer la pauvreté, en Afrique notamment.

Les subventions dont bénéficient les agriculteurs de l’Union Européenne et des Etats-Unis permettent à ceux-ci de résister à ces chutes de prix, mieux (ou plutôt pire !) elles stimulent artificiellement la production et entraînent une surproduction, et de ce fait la chute des cours sur le marché mondial. En subventionnant ainsi leurs propres producteurs, les U.S.A. et l’U.E. menacent gravement le coton africain, et donc l’avenir de millions de familles du Bénin, du Burkina Faso, du Mali…

 

 

extrait de La Vie N° 31700 (01.06. 2006)

 

Pourquoi j’accueillerai chez moi un enfant de sans-papiers

[j’ai] décidé de signer l’appel d’Education sans frontières*, qui engage ses 25 000 signataires à les héberger chez soi. Même si cela est contraire à la loi. Mais quand une loi est injuste, on se doit de la dénoncer, voire de la transgresser, de façon démocratique.

Comment peut-on d’un côté ouvrir ses frontières à l’Europe et de l’autre les fermer à l’Afrique ? Nos hommes politiques [et pas seulement eux - NDLR] disent souvent que nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, mais, là, il s’agit d’expulser des élèves souvent bien intégrés à notre pays, des copains de classe de nos enfants. Cela m’est insupportable au plan moral.

Dan Franck (écrivain)

* www.educationsansfrontières.org

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