Edito
S’il
me manque l’amour…
En
ce vendredi après midi, une soixantaine de démunis, SDF, RMIstes, chômeurs,
marginaux divers, ont pris place autour des tables du centre d’accueil pour y
faire un bon repas, chaud et complet. Les bénévoles travaillent depuis plus de
deux heures en cuisine, à la salle à manger, au vestiaire, à l’accueil.
Parmi eux – jeunes retraités pour la plupart – deux garçons de 15 et 16
ans s’activent à servir les tables qui leur ont été attribuées. Depuis
plusieurs mois, Albert et Benjamin se dévouent une après-midi par semaine auprès
des pauvres qu’ils servent avec patience et application. Plusieurs fois, ils
ont fait venir des amis à eux, garçons et filles de leur collège ou lycée.
Eux aussi ont mis le couvert, épluché des légumes pour la soupe, passé un
moment auprès des personnes seules, bien souvent blessées par la vie. Ils ont
servi le repas, nettoyé les tables et le sol, et ils sont repartis en nous
remerciant « de cette excellente après-midi »…
Ainsi
de nombreux jeunes sont passés, cette saison 2006-2007, au centre d’accueil :
stagiaires, volontaires du service civil, aumôneries des écoles privées,
animateurs du Patronage, enfants de « bonne famille » envoyés par
les parents, mais aussi jeunes eux-mêmes en situation difficile qui sont
heureux de donner leur temps pour faire du bien aux autres. Et tous nous
remercient de pouvoir partager avec nous cette œuvre pas toujours facile.
« On
ne fait du bien aux hommes qu’en les aimant » disait Jean-Léon Le Prévost,
fondateur au XIXe siècle des frères de Saint Vincent de Paul. Or « l’Amour
du Père a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été
donné par le Fils » écrit Saint Paul aux Romains (5,5). Quand l’ardeur
naturelle de la jeunesse rencontre l’Amour de Dieu, on assiste toujours à des
merveilles. On ne s’étonnera donc pas de retrouver Albert et Benjamin au
groupe de prière, au service de l’autel, au groupe d’animation du
Patronage, participant à la messe en semaine régulièrement et demandant régulièrement
au prêtre le pardon du Seigneur. Eux, et bien d’autres garçons et filles de
leur âge, n’étaient pas non plus les derniers à chanter et à danser le
soir de la fête de la musique : ils ont manifesté devant tous leur joie
de se savoir aimés, désirés, voulus par Dieu et de pouvoir à leur tour témoigner
de l’Amour.
« Au
dernier jour, nous serons jugés sur l’Amour » écrit saint Jean de
Chers
jeunes, dans le cœur à cœur de la prière et avec la force des sacrements,
vous pourrez orienter toute votre vie vers la seule joie qui ne déçoive jamais :
l’Amour du Christ qui grandit quand on le donne. Bonne année scolaire
2007-2008 avec Marie, Mère de l’Eglise et notre Mère.
(originaire de Riom)
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