Un exemple de pédagogie : Marie-Eugénie

 

Benoît XVI a canonisé, dimanche 3 juin à Rome, Marie-Eugénie de Jésus (1817-1898), fondatrice des religieuses de l'Assomption. Une communauté qui a été présente à Riom jusqu’en décembre 1997, dans les locaux de l’actuelle Maison de la Paroisse, 15 boulevard Desaix.

 

Mais qui était donc Marie-Eugénie Milleret ?

Elle est née à Metz le 26 août 1817, dans une famille aisée, non pratiquante. A Noël 1829, à l’occasion de sa première communion, l’enfant fait une véritable rencontre mystique avec le Christ, qui la marquera pour toute sa vie. Après la mort de ses parents – Anne-Eugénie a 13 ans - elle est confiée à une famille amie de Chalon-sur-Saône. La vie mondaine et superficielle qu’elle est amenée à vivre ne lui apporte que désarroi et solitude.
En 1836 elle retrouve la foi en écoutant les sermons de carême du Père Lacordaire à Notre-Dame de Paris. Anne-Eugénie fait alors la connaissance de l'abbé Combalot qui l'oriente pour la fondation d'une nouvelle congrégation dédiée à l’éducation des jeunes filles.
C’est ainsi qu’à 21 ans, le 30 avril 1839, elle fonde la congrégation des Religieuses de l’Assomption. Marie-Eugénie de Jésus récuse une éducation mondaine où l’instruction profane est au rabais ; elle veut un christianisme authentique ; elle entend donner aux jeunes filles une formation de tout l’être à la lumière du Christ.
Elle se lie d’amitié avec l’Abbé d’Alzon qui fondera les Pères de l’Assomption six ans plus tard. Cette amitié durera toute leur vie et sera d’une grande richesse tant sur le plan spirituel qu’humain et pédagogique.
Après une première école en 1842, les fondations se multiplient très vite à travers le monde : Angleterre, Espagne, Nouvelle Calédonie, Italie, Philippines, Nicaragua, Salvador. En 1867, c’est la reconnaissance par Rome de la congrégation.
Marie-Eugénie enchaîne voyages et constructions de nouvelles écoles, sans que rien ne l’écarte de son intuition première : «c’est une folie de ne pas être ce que l’on est avec le plus de plénitude possible ». Mais avec la mort de sa première compagne, Mère Thérèse-Emmanuel, elle fait l’expérience de la solitude. S’ajoute la maladie qui la confronte à l’impuissance de la vieillesse : « un état où ne reste plus que l’amour ».

Elle s’éteint le 10 mars 1898.

Les « Petites Sœurs de l’Assomption » ont quitté Riom après 51 années de présence active. Petites, c’est-à-dire humbles, elles étaient au service de tous : soins aux malades, travail dans les familles, soutien aux personnes en détresse, infirmières. Elles avaient rangé progressivement le voile afin de faciliter les relations dans leurs groupes professionnels respectifs. Solidaires du monde ouvrier, elles l’étaient pleinement, y compris dans ses luttes. En effet, si elles demeurèrent discrètes, elles ne furent pas moins présentes à toute la vie sociale de notre cité.

(extrait de Riom Magazine – mars 1998)

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