En 1991, le
« Padre Felipe » ne s’y trompe pas en arrivant à Sandia, petite
ville de la cordillère des Andes Péruviennes… A la vue des Indiens victimes
de l’isolement, de l’oubli, et d’une pauvreté qui frise parfois le dénuement
absolu en raison notamment de l’altitude (la paroisse s’étend sur un
territoire grand comme un département de France, qui se hisse jusqu’à 5 100
m d’altitude), il doit retrousser les manches.
Parallèlement à son apostolat, il ne peut que s’engager à faire en sorte que quelque chose bouge, évolue. Dans le bon sens, car il faut plutôt ramer à contre-courant dans un système où la corruption, encore et toujours, génère des richesses pour certains, et une extrême pauvreté pour les autres, bien plus nombreux.
Consciente
de la réalité à laquelle se trouve confronté le Père Kloeckner (qui fut prêtre
à Riom avant de partir pour le Pérou*), l’association « Sandia »
– en solidarité avec les Indiens des Andes – se mobilise. Pour recueillir
des fonds, certes, mais aussi pour soutenir moralement le Padre et la petite équipe
au sein de laquelle il va travailler. Car le chantier est d’envergure et
pourrait inciter au désespoir. Parallèlement au soutien financier de la
paroisse, il faut répondre à l’urgence – faire une route, équiper un
petit hôpital. Alors, trois coopérants français, spécialistes en génie
civil, sont envoyés en mission pour construire cette route, faire des
adductions d’eau potable, des ponts, une maison d’accueil. Mais il ne
s’agit pas de donner du tout cuit. Apprendre à pêcher plutôt que d’offrir
du poisson. Alors il est nécessaire d’aider à la formation de jeunes qui
reviendront au pays pour mettre leur savoir au service de tous. Leurs témoignages
ne manquent pas de confirmer la justesse du choix.
Après
le retour du Père, en 2001, la coopération se poursuit. L’association a
maintenant comme projets l’amélioration des conditions d’élevage du bétail,
la diversification des cultures et la commercialisation des produits. La réalisation
d’une cantine pour les collégiens sous-alimentés, une autre pour les
personnes âgées sans ressources, sont également prévues. De même que la
construction d’un autre dispensaire. Et puis, le financement de bourses, débuté
il y a 7 ans, pour une dizaine de jeunes, se poursuit. Une jeune fille termine
ses études d’avocate. Elle aura fort à faire pour défendre les droits de
son peuple. Car la défense des Droits de l’Homme fait partie des options de
« Sandia ».
Aujourd’hui,
Philippe Kloeckner est curé de la paroisse Saint-Luc à Clermont. Ne doutons
pas qu’une partie de son cœur est restée auprès de ces gens dont
l’accueil est quasiment inné, et la générosité limitée seulement par
leurs maigres ressources. De vrais pauvres, c’est-à-dire riches de leur
culture, de leur acharnement dans une nature hostile. Pas blasés par ce
qu’ils possèdent, une lopin de terre, quelques lamas, ils ont gardé intact
le goût de la fête.
Contacts
04 73 38 43 76
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il est également secrétaire du Comité France-Amérique Latine
pour l’Episcopat de France
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