« Le
travail c’est la santé… rien faire c’est la conserver » (air connu)
Il
faut bien « gagner sa vie » ! Quelle curieuse expression, tout
de même. Peut-on gagner sa vie comme on gagne un prix à une tombola ? Ou
bien l’acheter à quelqu’un ? En fait, il faut bien subvenir à ses
besoins… ainsi, le travail serait une fatalité, un moindre mal ? Est-ce
un rêve, une utopie, que de croire à la possibilité de s’épanouir dans le
travail, de se réaliser par le travail ?
Cet
été, certains d’entre nous ont eu la chance de partir à la découverte
d’autres paysages, d’autres cultures. Tous, ici ou ailleurs, nous avons pu,
je pense, vivre à un autre rythme, nous rencontrer autrement, avoir plus de
temps pour nous écouter, et même peut-être pour entrer en soi-même… Est-ce
impossible, impensable, le reste de l’année ? Serions-nous victimes de
l’éternel combat du travail contre les loisirs, du temps contraint contre le
temps libre ?
Au
risque de paraître naïf, j’ai envie d’imaginer qu’en temps dit « normal »
nous puissions aussi nous rencontrer, nous écouter, nous apprécier, nous découvrir,
construire ensemble, échanger, confronter nos idées… vivre quoi !
Chacun de nous est un consommateur, certes, un producteur de richesse également,
mais aussi un citoyen, un artiste, un sportif, etc. La vie familiale,
associative, culturelle… ça fait partie de notre vie, ça nous construit et
nous fait vivre tout autant ! Quand on nous parle de « plus »,
n’y a-t-il que le travail ou le salaire qui soient concernés ?
Allez,
cette année, prenons la décision de prendre le temps… de regarder,
d’entrer en soi-même, d’être plus humains, de se réjouir du bonheur des
autres…
Henri
Gougaud raconte cette histoire :
« Il
pleut dru sur la ville. Un vieil homme sans parapluie, indifférent à l’eau
qui tombe, va tranquillement son chemin.
-
Presse-toi, lui crie un passant qui court, sa veste sur la tête.
L’homme
répond :
-
Pourquoi ? Il pleut aussi
devant. »
Marc Denaës, curé de la paroisse Notre-Dame des Sources