Tribune – Les vacances ? parlons-en !

Les cours se sont effondrés, les marchés stagnent. Des riches se plaignent de la crise, et les moins pauvres sont sommés de consommer pour que la machine redémarre. Nous nous apercevons avec stupeur que, toute rutilante qu'elle fût, la locomotive n’avançait que parce qu'on en bourrait le foyer du contenu de nos caddies.

Les vacances étant passées, et certains projets restés dans l'eau du bain, peut se présenter à nous le choix entre l'espoir et le désespoir. Ou encore tenter d'oublier ce monde où l'on ne distingue plus très bien les contours d'un horizon sur lequel stagnent de sombres nuages. Et parce que nous ne savons pas lire dans le marc de café nous nous laissons parfois aller au scepticisme à la vue d’opérateurs qui s'agitent devant des manettes qui ne répondent plus.

Pourtant, si la situation est grave elle n'est pas désespérée, et nous pouvons profiter de la crise pour changer de regard sur notre propre vie. C'est sur celle-ci que nous avons de l'emprise, au moins partiellement.

Changer de regard, donc de vie. C'est bien là que le bât blesse. Le voulons-nous vraiment ? Nous étions si bien dans notre bulle qui grossissait toujours davantage comme la grenouille de la fable. Vraiment si bien ? ou si… perpétuellement insatisfaits ?

Faisons le point. Avons-nous su profiter de cette période de vacance (inactivité) pour (re)trouver la richesse des sages comme nous y invitait la couverture du précédent numéro d'Ensemble : prendre du temps ? Non pas du temps pour faire et nous agiter encore, comme au travail, mais pour regarder les lis des champs qui ne travaillent ni ne filent. Selon l’Evangile, Salomon lui-même, au comble de l'opulence, n'était pas vêtu comme l'un d'eux. En somme, prendre du temps pour réfléchir, et enfin décider.

Car, parmi d'autres, une voie existe. Bien réelle et qui porte loin, par une succession d'aiguillages situés devant nous, faisant que le choix reste toujours possible. Cette voie, c'est celle du partage : des biens, du travail et de la fraternité, cette notion un peu abstraite qui, de la bouche du Christ, est allée jusqu’au fronton de nos mairies, mais que la vie moderne fait oublier. Cette autre voie veut aussi que nul ne survive de l'assistance, publique ou privée, mais que chacun gagne son pain dans la dignité, par son travail.

Si nous savions (re)faire l'apprentissage de la sagesse, nous saurions peut-être discerner dans notre propre comportement ce qui est vraiment important pour que la vie continue sur cette terre, dans le respect de tous, et plus particulièrement des plus pauvres.

 Retour à la page d'accueil : Accueil