LA FETE DE SAINT AMABLE
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La fête de Saint Amable est un moment fort du relais de Riom. Depuis quelques années, cette fête est remise en valeur et mise au goût du jour notamment avec une très belle exposition qui nous présente Saint Amable, son culte et sa procession hier et aujourd'hui ... En voici sa présentation et ses nombreuses illustrations ... |
Saint Amable 2006 Le Saint Le Culte La Basilique La Procession La Roue La Fête
Mercredi 7 Juin à 10h00 : raconte-moi Saint Amable pour les 6-12 ans avec le support d'un livret Jeu ( tour de l'horloge )
Vendredi 9 Juin à 20h30 : conférence sur le pèlerinage au moyen âge ( maison des associations, salle du tribunal )
Samedi 10
Juin à 15h00 : une approche de l'iconographie du Saint patron de Riom (
parvis de la basilique )
à 15h00 :
exposition d'ornements liturgiques et maquette ( sacristie de la basilique )
à 18h30 : accueil de la chasse de Saint Amable au cours de la messe ( Notre
Dame du Marthuret )
à 20h30 : musique et chants pour Saint Amable ( Basilique Saint Amable )
Dimanche 11 Juin à 10h00
: procession traditionnelle de la Saint Amable ( Notre Dame du Marthuret )
à 11h00 : messe solennelle présidée par le père Bruno Felgeyrolles ( Saint
Amable )
à 12h00 : verre de l'amitié ( parvis de la basilique )
à 15h00 : Laissez-vous conter la basilique ( parvis de la basilique )
à 15h00 :
exposition d'ornements liturgiques et maquette ( sacristie de la basilique )
à 16h00 : exposition sur la vie des saints ( musée d'Auvergne )
à 17h00 : Laissez-vous conter la basilique ( parvis de la basilique )
Mardi 13 Juin à 20h30 : conférence sur le pèlerinage aujourd'hui ( Notre Dame du Marthuret, salle Pré-Bas )
Dimanche 22 Octobre : fête liturgique de Saint Amable
Vie de Saint Amable. Histoire et légende
Des récits de Grégoire de Tours, appelé le père de l'histoire, nous parle de Saint Amable." Il exista dans la province d'Arverne, un certain Amable d'une admirable sainteté. Il était prêtre du bourg de Riom et excellait par ses grandes vertus. On dit qu'il commanda souvent aux serpents. "
Amable naquit à Riom en 397, d'une noble famille. Très pieux, il récitait souvent cette prière : " Seigneur qui avez voulu me donner le nom d'Amable, faites que je devienne aimable en vous aimant sincèrement ". Il se destina très tôt à l'état ecclésiastique. Doté d'une belle voix, il fut élevé à la dignité de chantre dans la cité de Clermont. Elevé à la charge du sacerdoce, il fut préposé à la direction de la paroisse de Riom.
Il se rendait souvent à l'église dédiée à Saint Gervais et Saint Protais, la première élevée en Auvergne à ces deux martyrs. ( Dans la basilique Saint Amable, un tableau représente Saint Ambroise découvrant à Milan les corps des deux saints ).
Amable construisit une église en l'honneur de Saint Jean Baptiste pour y administrer le baptême à ses catéchumènes nombreux parmi les Ricomages ( nom alors porté par les habitants de Riom ). Aujourd'hui désaffecté, ce baptistère existe toujours, au coin de la Place Saint Jean.
Puis il éleva une autre église de vastes proportions en l'honneur du martyr Bénigne. D'abord dédiée à Saint Bénigne, elle le sera plus tard à Saint Amable. Après avoir fait construire cette nouvelle église, Amable y transporta des reliques d'une sainteté reconnue qu'il avait recherchées avec soin en parcourant divers pays, et principalement à Rome. Sur ce pèlerinage à Rome, des légendes ont été brodées comme celle du manteau et des gants accrochés aux rayons du soleil et celle de l'ange lui remettant les reliques qu'il recherchait. Des portraits de Saint Amable s'en inspirent. Voltaire fait allusion à la légende du manteau et des gants, comme illustration des erreurs et superstitions opposées au progrès : " Ne nous cite plus les miracles de Saint Amable, dont les gants et le chapeau furent portés en l'air pendant tout le voyage qu'il fit à pied du fond de l'Auvergne à Rome. "
Des vitraux dans la basilique Saint Amable, ainsi qu'un tableau, des statues et un belle lave émaillée, retracent sa vie et illustrent les pouvoirs qui lui ont été reconnus, notamment sur les incendies, les démons et les serpents : " A son ordre, s'enfuient le démon, le feu et le serpent ". Ce que Jésus, dans l'évangile de Saint Marc, avait promis parlant des disciples et des premiers prédicateurs de la foi : " Par mon nom, ils chasseront les démons ; ils prendront des serpents dans leurs mains, ils imposeront les mains aux malades, et ceux-ci seront guéris " se réalisait par Amable.
Il mourut le 1er novembre 475. On l'enterra dans son église. Il fut proclamé " bienheureux " par la voix populaire et l'Eglise confirma ce verdict. Avant de mourir, il dit à quelques uns de ces disciples : " La paix, mes enfants, la paix et la charité fraternelle, c'est là l'essentiel de toutes les vertus chrétiennes ".
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Le culte à Saint Amable en Auvergne et ailleurs.
Après la mort d'Amable, les prodiges accomplis de son vivant continuaient de récompenser la prière des pèlerins. Grégoire de Tours vint prier à plusieurs reprises dans l'église bâtie par Amable et il fut le témoin oculaire de deux miracles.
Vers 640, un archidiacre de Clermont décida de transférer la corps de Saint Amable dans la chœur nouvellement construit de l'église saint Bénigne. L'église ne fut plus connue que sous le nom de Saint Amable.
Depuis la translation de 640 par l'archevêque Gal, les restes de Saint Amable reposaient sous l'abside de l'église, dans une sorte de crypte aménagée sous l'autel majeur. A la fin du moyen Age, selon une nouvelle coutume liturgique, on renferma les reliques dans des châsses portées en procession à travers la ville aux jours des fêtes solennelles.
C'est à Thomas Bourdier que reviendrait l'honneur d'avoir fait confectionner ou du moins fait achever une châsse d'argent destinée à renfermer les reliques de saint Amable. Ce travail a duré plus de la moitié du XV ème siècle et sera terminé par Jehan Adam, orfèvre à Saint Pourçain.
En 1793, après avoir retiré les reliques de la châsse en métal d'argent pour être remise à la nation, le curé Tailhand avait enfermé les restes précieux de Saint Amable dans une caisse en bois qu'il cacha dans une chapelle, puis dans une maison et enfin dans l'ancien monastère de la Visitation. Elles revinrent dans l'église le 21 vendémiaire an IV (13 octobre 1795).
On prépara alors une nouvelle châsse, " en bois de noyer, couvert de lames de cuivre, partie argenté, partie doré ... ", ayant la forme d'une église avec un dôme surmonté de la statue du Saint. Elle est actuellement visible dans une chapelle de la basilique, derrière le chœur.
La translation des reliques dans la nouvelle châsse, que le curé Achard offrit de ses deniers, eut lieu le 10 juin 1814, en présence des autorités de la ville. Le lendemain, la châsse portée par douze Brayauds parcourait la ville de Riom dans une procession demeurée mémorable.
Le culte de Saint Amable, souvenir de nombreux miracles attribués à son intercession, n'est pas resté circonscrit à la ville de Riom. Le 10 juin 1700, la chartreuse de Port-Sainte-Marie, à l'ouest de Riom, sur les bords de la Sioule, faillit être anéantie. Le feu dévorait un des bâtiments contigus au monastère. Par esprit de foi, les Chartreux continuèrent à réciter l'office des matines à la chapelle. Le prieur, le procureur et le coadjuteur quittèrent le chœur pour lutter contre le fléau. Les flammes sortaient de la maison…alors le coadjuteur jeta dans le brasier des rubans bénits de Saint Amable ; les flammes s'éteignirent subitement comme le feu d'une bougie sous un souffle puissant. Le prieur, Dom J.C. de la Roche se rendit à Riom pour chanter une messe d'action de grâces. Chaque année, par vœu, les religieux célébrèrent une messe en l'honneur de Saint Amable. ( Le rapport circonstancié du miracle se trouve aux archives municipales de Riom, signé par tous les religieux et revêtu du sceau du monastère. ni même à la province d'Auvergne ).
La place importante que le culte de Saint Amable a occupée dans la vie religieuse de l'Auvergne, et la vénération qu'il a suscitée justifient la grande multiplicité des images du saint Patron de la ville de Riom, sous la forme de statues, vitraux, tableaux, peintures, médailles et dessins de toutes sortes.
Saint Amable est vénéré dans d'autres régions françaises et également au Canada.
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En 1077, des chanoines réguliers de Saint Augustin s'installèrent à Riom. L'abbaye, dont le cloître était au sud de l'église, assurait le service de la paroisse et maintenait le culte de Saint Amable. L'un des religieux portait le titre de " Curé de Saint Amable ", un autre celui de " prieur de Saint Jean ". En récompense des bienfaits qu'ils prodiguent aux malades et indigents de la ville, l'abbé de saint Amable reçoit le privilège de porter la mitre et la crosse. En 1548 l'abbaye de Saint Amable disparaissait pour faire place à un chapitre de chanoines séculiers.
Vers 1125, une circonstance extraordinaire allait permettre la construction d'une vaste et belle église romane. Suite à une expédition militaire de Louis VI le Gros, les Riomois ayant pris le parti de l'évêque, la ville fut assiégée, ses fossés sont remplis de bois auquel on met le feu. La ville entière risque d'être embrasée à la faveur du vent. Un chanoine fait apporter des reliques de saint Amable sur les remparts. Aussitôt les flammes changent de direction et menacent les assiégeants qui s'enfuirent. L'évêque Etienne fait alors construire une église.
Vers 1250, le choeur est rebâti dans le style gothique, mais avec des éléments anciens. L'édifice était grandiose, Riom était devenue la capitale de la terre d'Auvergne. Les tremblements de terre du XV ème siècle endommagèrent profondément l'église, fragilisant les piliers et détruisant le clocher dans sa partie supérieure. Aux XVII ème et XVIII ème siècles, l'église fut considérablement agrandie et enrichie de boiseries, chapelles ... A la révolution, l'église fut profanée et pillée, la châsse d'argent fondue, le chapitre supprimé et les prêtres bannis.
La sonnerie de la basilique est installée dans une tour octogonale dont la pyramide a dû être plusieurs fois réédifiée. Ayant été jugé comme " emblème de superstition " par Couthon, le clocher détruit en 1794 a été refait en 1859. Quatre cloches sont suspendues. Le bourdon, de plus de quatre tonnes a été baptisé du nom d'Amable. Monté pour la première fois en 1684, il a été refondu et à cette occasion, de nombreux Riomois ont jeté des pièces d'argenterie dans le métal en fusion, ce qui donne un timbre particulier à cette cloche.
Au début du XXème siècle, Mgr Belmont, évêque de Clermont, estimant qu'il devait récompenser le zèle de tous les curés successifs de Saint Amable et la piété séculaire de leurs paroissiens, sollicita de la Cour de Rome le privilège du titre de Basilique mineure en faveur de l'antique église. Pie X souscrit à la requête au mois de mars 1912 et de grandes fêtes marquèrent cet événement.
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La procession et les porte-châsse
La procession se déroule le 11 juin ou le dimanche qui suit. A partir du XVII ème siècle, des documents nous apprennent que tout prétexte était bon pour sortir la châsse : visites de personnages importants, épidémies, incendies, fêtes corporatives... Tant la ferveur populaire était grande que les consuls désignaient douze hallebardiers pour l'escorter avec les sergents de ville. C'est pour mieux protéger les reliques que fut constituée une garde du corps aux saintes reliques : la corporation des porte-châsse. A la fin du XVIII ème siècle, pour récompenser ces douze porteurs de leur persévérance, on leur laissa porter le costume local de cérémonie des Brayauds, habitants d'une zone située au nord de Riom, et dont le nom vient de celui de la culotte qu'ils portaient :" braie ". Depuis cette époque, et encore de nos jours, le porte-châsse porte une culotte à pont, des guêtres, une veste de flanelle à plis appelée " gage ", des gants , une cravate en dentelle, le tout de couleur blanche. Il est coiffé d'un bicorne à claque noir. Il est ainsi vêtu en " Babie ", diminutif d'Amable, et surnom que l'on donnait aux habitants de Riom, beaucoup de ses habitants portant alors ce prénom, ce qui est encore le cas aujourd'hui.
Un dessin représente la procession au XVII ème siècle. On peut reconnaître les croix processionnelles des deux églises et des ordres religieux, les arquebusiers, tambours et archers de la ville, les corporations, les deux consuls. Puis parmi le clergé : les Pères de l'oratoire, les Capucins, les Cordeliers, les Religieuses non cloîtrées. Ils sont suivis des clercs de la basoche, des notaires, avocats, puis des chirurgiens-barbiers, des médecins, des hauts fonctionnaires, du bureau des monnaies et celui des finances, des juges du présidial, du haut clergé, l'abbé de Saint Amable. Derrière eux, la châsse du Saint patron de la ville qui est suivie du premier consul, du sénéchal, des seigneurs et des dames.
Aujourd'hui encore, à travers les changements dus à l'évolution des temps, elle continue à manifester l'attachement des Riomois à une tradition vieille de plus de quinze siècles, traduisant l'enracinement de leur foi dans celle de leurs aïeux. Sans doute l'itinéraire a changé, sans doute le parcours dans la ville est moins long, mais le départ de Notre Dame du Marthuret pour marcher vers la basilique Saint Amable symbolise le lien des Riomois avec leurs deux églises et montre surtout qu'à Riom, comme à Marsat, la prière à Marie et celle à Saint Amable montent ensemble vers Dieu.
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Lors de la procession, la châsse est précédée d'une roue de fleurs offertes par les Riomois. Sa réalisation nécessite le travail de toute une journée de plusieurs dames de la ville. Autrefois elle était confiée aux jeunes filles de l'orphelinat.
Cette roue est le mémorial d'une ancienne roue de cire que l'on portait autrefois à cette procession, avant de l'offrir le dimanche suivant à Notre Dame de Marsat. On raconte en effet que lors d'une épidémie de peste qui sévissait à Riom, ses habitants auraient fait le vœu à la Vierge de Marsat, si elle les en délivrait, de lui offrir un cierge de la longueur de la distance de Riom à Marsat ... Pour réaliser leur vœu, exaucé, ils auraient fabriqué une roue de cire dont les différents cercles donnaient la longueur voulue !
On sait qu'à la fin du XVIII ème siècle, la roue portée par les Brayauds " lors de la procession de Saint Amable était présentée à Marsat le dimanche suivant au cours d'une autre procession qui partait de Riom pour rejoindre le sanctuaire marial, à une distance d'une " lieue " ... Au moment de la destructions des archives de Marsat, elle fut sauvée, cachée puis remise dans l'église. Elle est toujours suspendue à la voûte, mais sa monture a été recouverte en 1939 d'un nouveau fil de cire. Aujourd'hui, les Riomois se contentent d'offrir un cierge à Notre Dame de Marsat le jour du pèlerinage au mois de mai.
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Dans le calendrier liturgique, elle est célébrée le 18 octobre, date proche de l'anniversaire de sa mort. On la célèbre à Riom le 19 octobre, ou le dimanche qui suit, c'est " la Saint Amable d'hiver ". Cependant, la fête plus solennelle a lieu le 11 juin ou le dimanche qui suit, commémoration de la translation des reliques d'Amable en 640 : c'est " la Saint Amable d'été ". La fête s'accompagne de nombreuses réjouissances populaires qui durent plusieurs jours. La foire envahissait les rues de la ville et la fête foraine battait son plein sur le Pré Madame. Les Riomois recevaient à cette occasion leur famille venant des environs ou de plus loin ...
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