ECCLESIA 2007
intervention
de nos délégués aux messes du 12 et
Claude Despierres
et Cathy Teulet :
Le congrès
Ecclésia 2007 qui nous a rassemblés à Lourdes les 26-27-28 octobre n’avait
d’autre but que d’accompagner l’élan de renouveau de la catéchèse.
Lorsque le
service National de la catéchèse a lancé le projet, il espérait environ 2000
participants or ce sont 7000 personnes qui étaient réunies à Lourdes.
Ce congrès
fut celui de la responsabilité baptismale et de l’appel à la responsabilité
catéchétique reçu dans tous les lieux de vie de l’Eglise, bien au-delà des
cercles de la catéchèse qui représentait
seulement un tiers des participants.
Ecclésia 2007 a ouvert effectivement un espace d’échanges et de rencontres entre tous les diocèses. Durant ces trois jours se sont succédés plusieurs conférences et forums au cours desquels les participants ont pu écouter différents témoignages, partager leurs expériences ou échanger leurs idées.
Méditation de la parole et temps de célébration ont nourri notre réflexion et nous ont constamment rappelé, que l’Eglise trouve sa mission dans le service de la parole de Dieu.
Cette
parole divine, douce, et humble, trouve sa manifestation dans le dialogue.
L’Eglise doit en venir au
dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L’évangélisation passe par ce
dialogue. Il doit être pacifique, généreux, respectueux avec un double
mouvement d’écoute et de proclamation.
La catéchèse
doit livrer un message authentique et s’accompagne d’une grande attention à
l’humain. La crédibilité de l’annonce passe par ce que chacun vit dans son
intimité avec Dieu. Notre discours doit
être en cohérence avec notre manière de vivre.
L’accueil de l’autre n’est pas guidé par un souci d’efficacité. Nous sommes précédés en lui par l’Esprit ; c’est un frère que nous accueillons et ce n’est pas notre accueil personnel, c’est une communauté qui accueille.
Il nous faut pouvoir rendre raison de la Foi, accepter d’être contredit et ne pas nous durcir.
Savoir répondre avec l’autre,
pouvoir offrir un goût de Dieu, offrir notre passion de chercheur de Dieu en ce
monde tel qu’il est. Tel est notre rôle d’aînés dans
L’un des chantiers est de percevoir chez les jeunes leurs attentes, de les rejoindre dans leurs questionnements fondamentaux et de leur faire des propositions. Prenons davantage avec eux la posture du témoin en rendant compte de nos expériences, de ce qui nous déplace, de nos interrogations et de notre joie de croire. Témoignons de ce qui est premier dans notre Foi et de notre recherche.
Une étape
significative vient d’être franchie dans l’Eglise. Elle est à recueillir
comme un signe du concile déjà à l’oeuvre.
Une étape
rassurante qui nous conforte dans l’idée que nous formons une Eglise en
marche, une Eglise vivante. Une Eglise qui prend en compte la dimension de la
catéchèse intergénérationnelle où tout n’est pas à réinventer mais où
chacun doit porter la responsabilité de la dynamique missionnaire.
Dans le
cadre de ce qui existe déjà, comment avec ce que nous sommes, saurons-nous
faire de notre paroisse un centre de vie toujours plus évangélique dans un
climat d’hospitalité et un esprit de gratuité ?
Marc Lantuejoul et Laure Henquell :
A l’invitation des évêques de France, s’est tenu fin octobre pendant 3 jours à Lourdes le congrès Ecclésia 2007, un grand moment de la catéchèse en France , à l’adresse de « tous ceux qui se préoccupent de la transmission de la foi de l’Eglise ». Nous avons été invités à échanger et confronter nos expériences « Ecclésia c’est un acte de foi, une démarche spirituelle » a rappelé Monseigneur Dufour, évêque de Limoges et président de la Conférence épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat. « J’espère que ce sera une Pentecôte qui nous permettra d’aller boire à la source de Dieu ».
Notre
paroisse était présente puisque nous sommes deux des délégués partis avec 4
autres membres de notre communauté et surtout avec une centaine de représentants
de notre diocèse. Le plus remarquable n’est pas le nombre (nous étions 7000
participants) mais les lieux d’Eglise qu’ils représentaient comme
responsables ou membres : relais, paroisses, doyennés, tous types de
pastorale (familiale, rurale, liturgique et sacramentelle, des vocations, du
tourisme…), Enseignement Catholique, Aumônerie de l’Enseignement Public,
catéchèse spécialisée, formation, mouvements, Hospitalité, catéchuménat,
éveil à la foi… Et bien sûr, catéchisme. L’Eglise dans quasiment toutes
ses dimensions !
Avec 7000 participants venus des différents diocèses de France et d’outre-mer, 55 évêques, 700 prêtres, un certain nombre de diacres, des conférences, des invitations quotidiennes à la lecture de l’évangile, plus de 60 forums proposés, des témoignages sous forme de diaporama, une grande veillée scénique et des eucharisties, Ecclésia 2007 est à la fois un pèlerinage et un congrès, un congrès comme notre Eglise de France n’en avait pas connu depuis plus de 40 ans.
Oui, la
catéchèse aujourd’hui rejoint tous les âges de la vie et plus seulement les
enfants.
C’est un trésor à
partager avec tous qui s’enracine dans la méditation de la Parole de Dieu. Ce
trésor est reçu pour être donné.
Ecclésia
nous propose un itinéraire depuis la reconnaissance de l’autre comme un frère
bien-aimé animé par l’Esprit Saint puis accepter de le prendre là où il en
est pour l’accompagner comme un frère
aîné en sachant nous effacer le moment venu, puis enfin tout joyeux nous
pourrons alors rendre grâce dans l’eucharistie.
Au-delà de cette participation de responsables motivés, la catéchèse qui n’est autre que la transmission de la foi, est bien « l’affaire de tous » et non pas seulement de catéchistes s’adressant aux seuls enfants du « caté ». Etre chrétien implique que l’on soit témoin avec d’autres et pour les autres de cette Bonne Nouvelle : qui que l’on soit, on est aimé ; Dieu s’est fait homme et a donné sa vie, pour que chacun se découvre enfant bien aimé du Père.
Tout vous
dire ? Il nous faudrait 3 jours aussi nous retiendrons que quelques
interventions :
comme cette interrogation de
François Moog, directeur de l’Institut Supérieur de pastorale catéchétique
à l’Institut Catholique de Paris :
« Qu’as-tu
entendu ? Qu’as-tu reçu ? Que veux-tu transmettre ? »
Voici l’outil qu’il
utilise pour nous faire entrer dans un des thèmes du congrès : « Dieu
qui est invisible, s’adresse aux hommes comme à des amis ».
Au cours
de nos rencontres et conférences, une parole du Frère Enzo Bianchi, prieur du
monastère de Bose et spécialiste de
Mais
qu’est-ce que
Voici une
expression un peu étrange pour dire une réalité simple à laquelle tout chrétien
est appelé : rencontrer le Christ dans l’Ecriture et y être rejoint par
lui.
La parole
de Dieu doit être placée au centre de notre vie chrétienne. Ainsi, chaque
baptisé doit devenir un serviteur de cette parole. Il faut s’en faire écho
à travers une lecture régulière des Saintes Ecritures. « On écoute ce
que dit Dieu par
Le lendemain en poursuivant sur ce même thème « Dieu qui est invisible s’adresse aux hommes comme à des amis », les ateliers du jour ont porté sur une autre dimension qui de plus l’enrichit : « Dieu… converse avec eux ». Lorsque le Christ s’adresse à nous, il nous entraîne dans un dialogue. A mesure que nous grandissons dans la foi nous devenons des guides aînés pour les autres.
Pour le Père Christoph Théobald du centre Sèvre de Paris, « Celui qui désire transmettre doit se mettre à l’école du Christ. Il doit regarder comment Jésus s’y est pris pour initier ses disciples ». A Ecclésia, nombreux sont ceux qui ont reçu comme une invitation à le suivre et à l’imiter.
Le Père Christoph Theobald nous a rappelé que « Voyant Jésus prié, les disciples ont senti leur désir grandir. Ils lui ont demandé : Seigneur apprend nous à prier ».
« Lorsque
nous partons en recherche cela ne veut pas dire que nous partons seul à
l’aventure. » a précisé Christian Philibert de l’Institut de
formation et de développement de Grenoble. C’est là que le rôle d’aîné
prend tout son sens. Les passeurs de foi ont une tache d’initiation, ils nous
aident à mûrir dans la foi et à devenir acteur de notre vie de chrétien.
Sur ce
chemin de liberté, nous pouvons avancer au large avec le Christ qui nous façonne.
En tant qu’initiateur, il invite nos aînés à disparaître au bon moment
pour nous laisser grandir. Ce qui ne veut pas dire que nous sommes seuls, mais
toujours soutenus par la prière de la communauté.
Une autre expérience pour nous qui symbolise ce grand peuple que forme l’Eglise, fut la procession qui a rassemblé les 7000 participants sur l’esplanade du sanctuaire marial. Chaque diocèse autour de sa bannière, nous avons médité les paroles du Notre Père, à l’aide d’un enseignement d’Enzo Bianchi.
Nous revenons
aussi avec une expérience d’une catéchèse mystagogique sur l’eucharistie.
La liturgie eucharistique nous permet de passer de la table de
L’Eglise
doit en venir au dialogue avec le monde dans lequel elle vit et elle est la
communion des hommes et des femmes qui écoutent la Parole de Dieu et en témoignent.
Pour conclure, Mgr Dufour nous rappelle qu’il n’y aura pas de renouveau de la catéchèse sans un renouveau de la foi. Au commencement est la Parole, elle nous accueille et nous fait vivre. Nous devons la faire résonner et la faire vivre, mettre la Parole de Dieu au cœur de la catéchèse. Cette catéchèse est la responsabilité de toute l’Eglise qui doit mettre les disciples en intimité avec Jésus Christ.
Accueillons
gratuitement au nom du Christ en prenant l’autre tel qu’il est et
accompagnons-le.
Buvons
l’eau de la source et devenons témoins que c’est cette eau là qui nous
fait vivre.
Croire
c’est transmettre. Toute l’Eglise de France rassemblée à Lourdes est en
marche, à la rencontre de Quelqu’un.
Gardons
dans nos cœurs les paroles d’un chant du congrès-pèlerinage :
Le semeur est sorti pour semer
Il a pris le chemin de nos cœurs
Rien n’arrêtera son geste
La moisson de l’amour nous attend chaque jour.
ThérèseBouttes
et Odile Masseret:
ECCLESIA? Qu’est ce que cela veut dire ?
Le congrès de la responsabilité catéchétique. Il a eu lieu à Lourdes, du 26 au 28 octobre 2007, avec 7000 participants dont 55 évêques, 700 prêtres, des diacres, des religieux, religieuses, et bien sur des laïques ; un peuple rassemblé, mobilisé en Eglise, riche de la diversité des origines, des engagements.
Ecclésia, un rassemblement unique depuis 40 ans, un mouvement qui s’inscrit dans la mouvance des textes des évêques sur le renouveau de la catéchèse ; dont le thème était :
ENSEMBLE, SERVIR LA PAROLE DE DIEU.
Qui est allé à ECCLESIA, comment s’est déroulé ce congrès ?
Nous étions
104 du diocèse, après un départ différé de
Trois
journées de marche intense, des allers et retours entre l’hôtel, la
basilique PIE X, la cité St Pierre, et les innombrables .salles pour les
forums, chargés d’un sac à dos siège.
Malgré le programme très
dense, la visite à la grotte ne fut pas oubliée.
Le programme :
Ø
conférences par de grandes pointures, théologien, prieur,
directeur de formation, religieux, laïcs dans la basilique
Ø Des forums : c’est-à-dire des espaces de rencontres et d’échanges avec de courtes interventions présentant des expériences de catéchèse, en paroisse dans l’enseignement catholique, en aumônerie ; des réalisations en pastorale familiale, de la santé, vécues dans les diocèses.
Ø
Des audios visuels : bâtis sur une phrase du concile : »DIEU
QUI EST INVISIBLE S’ADRESSE AUX HOMMES COMME A DES AMIS ET CONVERSE AVEC. EUX »
Et les pèlerins d’Emmaüs d’après les peintures
D’ARCABAS.
Ø Des célébrations eucharistiques, des invitations à la méditation de la parole De Dieu, une procession sur l’esplanade ; et lors de la cérémonie de clôture, le ballet des bannières représentant la statuaire mariale propre à chaque diocèse, ce qui a permis à quelques uns de dire : » c’est Marie qui enfante l’Eglise »
Ø
Une exposition permanente dans la basilique et au village
missionnaire, présentant des expériences multiples, en particulier des
ateliers artistiques, lecture de la parole, présence de mouvements, etc.
Ø
Nous voulons aussi souligner le très haut niveau technologique :
10 grands écrans, un groupe d’animation musicale, un service d’ordre
parfait (les sorties de la basilique dans le calme et la fluidité).
Après le décor, qu’avons-nous découvert?, qu’est ce qui nous a
nourris ?
Servir la
parole de Dieu, mais comment ?
Enzo
Bianchi, prieur à Boze en Italie, nous rappelle que l’Ecriture est Parole de
Dieu, qu’à travers cet écrit, il se révèle à nous. La parole est créatrice,
elle instaure une histoire. La mission de l’Eglise est de se faire écho de
cette parole, donc nous en sommes les serviteurs, par sa fréquentation
quotidienne.
Parole qui
ne doit pas être modifiée, dénaturée !
« Chacun
est appelé à être chair de la
parole de Dieu ! (on a du pain sur la planche !)
Cette écoute de la Parole de Dieu, qu’est ce qu’elle nous dit de Jésus ?
Christophe Théobald, théologien jésuite, nous met à l’école du Christ initiateur. La pédagogie du Christ est discrète, lente et patiente, parce qu’elle accompagne la personne dans toute son humanité, de sa naissance à sa mort et au-delà.. De cela découle la notion d’aîné dans la foi, c'est-à-dire une façon de vivre dans le Christ qui nous engage à la fraternité, car l’évangile : ce n’est pas que des mots, mais une réalité qui prend corps dans la relation.
Alors, qu’est ce que cela veut dire être ainé dans la foi ?
L’aîné dans la foi c’est celui qui est héritier de par ses parents ou de son entourage de leur expérience de foi. Il a donc à transmettre fidèlement, à être témoin, que ce qu’il a reçu n’est pas de lui, mais vient des trésors de la foi inscrit dans l’histoire des hommes depuis 2000ans !
L’aîné n’a jamais fini de grandir, de se laisser pétrir par la Parole.
Mais dans le concret, cela se
passe comment, quel rôle a l’ainé ?
L’aîné accueille l’autre là où il en est, sans jugement, puis l’accompagne sur les chemins vers Dieu. Il est courroie de transmission ! Il est passeur, appelé à s’effacer pour laisser la personne dans sa totale liberté.
Notons que l’on ne peut être aîné dans la foi tout seul, mais tous ensembles, dans une communauté, en Eglise.
Cerise sur le gâteau,
Odile va nous expliquer ce qui l’a particulièrement marquée : la
mystagogie !
Ce mot veut dire faire entrer dans le mystère C’est toujours lié à une liturgie, à la célébration d’un sacrement. On revient sur ce que les participants ont vu, entendu, les gestes, les mots utilisés, les objets. C’est un chemin d’approfondissement qui ne consiste pas à expliquer les rites avant de les célébrer, mais lorsqu’on les a célébrés, à les laisser parler.
L’expérience que nous avons vécue à Lourdes s’est passée le dimanche après la messe, sur le lien entre la parole et le pain.
En
conclusion : Ecclésia congrès sur la catéchèse car croire c’est
transmettre à tous, à tout âge, à tout moment de la vie. Comme nous
l’a dit Mgr Dufour : » il s’agit maintenant de proposer la foi,
c'est-à-dire, non plus seulement l’entretenir, mais la faire naitre ». Il
ne s’agit plus de faire le catéchisme, mais d’annoncer l’Evangile pour
que tout homme l’entende.
Dieu
sème en nous une parole d’humanité,
Le
fils de l’homme vient nous rencontrer.
Dieu
sème en nous une parole de liberté,
Le
fils de l’homme vient nous relever.
Dieu
sème en nous une parole de vérité,
Le fils de l’homme vient nous envoyer.
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