ECCLESIA 2007     

 intervention de nos délégués aux messes du 12 et 13 janvier 2008 sur la paroisse Notre Dame des Sources

Claude Despierres et Cathy Teulet :

 

Le congrès Ecclésia 2007 qui nous a rassemblés à Lourdes les 26-27-28 octobre n’avait d’autre but que d’accompagner l’élan de renouveau de la catéchèse.

Lorsque le service National de la catéchèse a lancé le projet, il espérait environ 2000 participants or ce sont 7000 personnes qui étaient réunies à Lourdes.

Ce congrès fut celui de la responsabilité baptismale et de l’appel à la responsabilité catéchétique reçu dans tous les lieux de vie de l’Eglise, bien au-delà des cercles de la catéchèse  qui représentait seulement un tiers des participants.

 

Ecclésia  2007 a ouvert effectivement un espace d’échanges et de rencontres entre tous les diocèses. Durant ces trois jours se sont succédés plusieurs conférences et forums au cours desquels les participants ont pu écouter différents témoignages, partager leurs expériences ou échanger leurs idées.

Méditation de la parole et temps de célébration ont nourri notre réflexion et nous ont constamment rappelé, que l’Eglise trouve sa mission dans le service de la parole de Dieu.

 

Cette parole divine, douce, et humble, trouve sa manifestation dans le dialogue.

L’Eglise doit en venir au dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L’évangélisation passe par ce dialogue. Il doit être pacifique, généreux, respectueux avec un double mouvement d’écoute et de proclamation.

La catéchèse doit livrer un message authentique et s’accompagne d’une grande attention à l’humain. La crédibilité de l’annonce passe par ce que chacun vit dans son intimité avec Dieu. Notre discours  doit être en cohérence avec notre manière de vivre.

 

L’accueil de l’autre n’est pas guidé par un souci d’efficacité. Nous sommes précédés en lui par l’Esprit ; c’est un frère que nous accueillons et ce n’est pas notre accueil personnel, c’est une communauté qui accueille.

Il nous faut pouvoir rendre raison de la Foi, accepter d’être contredit et ne pas nous durcir.

Savoir répondre avec l’autre, pouvoir offrir un goût de Dieu, offrir notre passion de chercheur de Dieu en ce monde tel qu’il est. Tel est notre rôle d’aînés dans la Foi dans une société qui doit exercer la responsabilité de transmission.

L’un des chantiers est de percevoir chez les jeunes leurs attentes, de les rejoindre dans leurs questionnements fondamentaux et de leur faire des propositions. Prenons davantage avec eux la posture du témoin en rendant compte de nos expériences, de ce qui nous déplace, de nos interrogations et de notre joie de croire. Témoignons de ce qui est premier dans notre Foi et de notre recherche.

 

Une étape significative vient d’être franchie dans l’Eglise. Elle est à recueillir comme un signe du concile déjà à l’oeuvre.

Une étape rassurante qui nous conforte dans l’idée que nous formons une Eglise en marche, une Eglise vivante. Une Eglise qui prend en compte la dimension de la catéchèse intergénérationnelle où tout n’est pas à réinventer mais où chacun doit porter la responsabilité de la dynamique missionnaire.

Dans le cadre de ce qui existe déjà, comment avec ce que nous sommes, saurons-nous faire de notre paroisse un centre de vie toujours plus évangélique dans un climat d’hospitalité et un esprit de gratuité ?

 

 

Marc Lantuejoul et Laure Henquell :

 

A l’invitation des évêques de France, s’est tenu fin octobre pendant 3 jours à Lourdes le congrès Ecclésia 2007, un grand moment de la catéchèse en France , à l’adresse de « tous ceux qui se préoccupent de la transmission de la foi de l’Eglise ». Nous avons été invités à échanger et confronter nos expériences « Ecclésia c’est un acte de foi, une démarche spirituelle » a rappelé Monseigneur Dufour, évêque de Limoges et président de la Conférence épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat. « J’espère que ce sera une Pentecôte qui nous permettra d’aller boire à la source de Dieu ».

 

Notre paroisse était présente puisque nous sommes deux des délégués partis avec 4 autres membres de notre communauté et surtout avec une centaine de représentants de notre diocèse. Le plus remarquable n’est pas le nombre (nous étions 7000 participants) mais les lieux d’Eglise qu’ils représentaient comme responsables ou membres : relais, paroisses, doyennés, tous types de pastorale (familiale, rurale, liturgique et sacramentelle, des vocations, du tourisme…), Enseignement Catholique, Aumônerie de l’Enseignement Public, catéchèse spécialisée, formation, mouvements, Hospitalité, catéchuménat, éveil à la foi… Et bien sûr, catéchisme. L’Eglise dans quasiment toutes ses dimensions !

 

Avec 7000 participants venus des différents diocèses de France et d’outre-mer, 55 évêques, 700 prêtres, un certain nombre de diacres, des conférences, des invitations quotidiennes à la lecture de l’évangile, plus de 60 forums proposés, des témoignages sous forme de diaporama, une grande veillée scénique et des eucharisties, Ecclésia 2007 est à la fois un pèlerinage et un congrès, un congrès comme notre Eglise de France n’en avait pas connu depuis plus de 40 ans.

 

Oui, la catéchèse aujourd’hui rejoint tous les âges de la vie et plus seulement les enfants.

C’est un trésor à partager avec tous qui s’enracine dans la méditation de la Parole de Dieu. Ce trésor est reçu pour être donné.

Ecclésia nous propose un itinéraire depuis la reconnaissance de l’autre comme un frère bien-aimé animé par l’Esprit Saint puis accepter de le prendre là où il en est pour l’accompagner  comme un frère aîné en sachant nous effacer le moment venu, puis enfin tout joyeux nous pourrons alors rendre grâce dans l’eucharistie.

 

Au-delà de cette participation de responsables motivés, la catéchèse qui n’est autre que la transmission de la foi, est bien « l’affaire de tous » et non pas seulement de catéchistes s’adressant aux seuls enfants du « caté ». Etre chrétien implique que l’on soit témoin avec d’autres et pour les autres de cette Bonne Nouvelle : qui que l’on soit, on est aimé ; Dieu s’est fait homme et a donné sa vie, pour que chacun se découvre enfant bien aimé du Père.

 

Tout vous dire ? Il nous faudrait 3 jours aussi nous retiendrons que quelques interventions :

comme cette interrogation de François Moog, directeur de l’Institut Supérieur de pastorale catéchétique à l’Institut Catholique de Paris :

« Qu’as-tu entendu ? Qu’as-tu reçu ? Que veux-tu transmettre ? »

Voici l’outil qu’il utilise pour nous faire entrer dans un des thèmes du congrès : « Dieu qui est invisible, s’adresse aux hommes comme à des amis ».

Au cours de nos rencontres et conférences, une parole du Frère Enzo Bianchi, prieur du monastère de Bose et spécialiste de la Lectio Divina a résonné en nous. « L’Eglise est animée par un double mouvement d’écoute. Seule une Eglise en état d’écoute peut être une Eglise qui enseigne, car la parole dont elle témoigne n’est pas la sienne, mais celle de Dieu ».

 

Mais qu’est-ce que la Lectio Divina  ?

 

Voici une expression un peu étrange pour dire une réalité simple à laquelle tout chrétien est appelé : rencontrer le Christ dans l’Ecriture et y être rejoint par lui.

La parole de Dieu doit être placée au centre de notre vie chrétienne. Ainsi, chaque baptisé doit devenir un serviteur de cette parole. Il faut s’en faire écho à travers une lecture régulière des Saintes Ecritures. « On écoute ce que dit Dieu par la Bible et on lui répond avec confiance dans la prière. » Ce lien qui se crée au sein d’un dialogue spirituel nous est indispensable dans l’approfondissement de notre Foi et dans son partage. « L’Eglise est une mémoire vivante », grâce aux chrétiens qui portent en eux la Bonne Nouvelle.

 

Le lendemain en poursuivant sur ce même thème « Dieu qui est invisible s’adresse aux hommes comme à des amis », les ateliers du jour ont porté sur une autre dimension qui de plus l’enrichit : « Dieu… converse avec eux ». Lorsque le Christ s’adresse à nous, il nous entraîne dans un dialogue. A mesure que nous grandissons dans la foi nous devenons des guides aînés pour les autres.

Pour le Père Christoph Théobald du centre Sèvre de Paris, « Celui qui désire transmettre doit se mettre à l’école du Christ. Il doit regarder comment  Jésus s’y est pris pour initier ses disciples ». A Ecclésia, nombreux sont ceux qui ont reçu comme une invitation à le suivre et à l’imiter.

Le Père Christoph Theobald nous a rappelé que « Voyant Jésus prié, les disciples ont senti leur désir grandir. Ils lui ont demandé : Seigneur apprend nous à prier ».

 

« Lorsque nous partons en recherche cela ne veut pas dire que nous partons seul à l’aventure. » a précisé Christian Philibert de l’Institut de formation et de développement de Grenoble. C’est là que le rôle d’aîné prend tout son sens. Les passeurs de foi ont une tache d’initiation, ils nous aident à mûrir dans la foi et à devenir acteur de notre vie de chrétien.

Sur ce chemin de liberté, nous pouvons avancer au large avec le Christ qui nous façonne. En tant qu’initiateur, il invite nos aînés à disparaître au bon moment pour nous laisser grandir. Ce qui ne veut pas dire que nous sommes seuls, mais toujours soutenus par la prière de la communauté.

 

Une autre expérience pour nous qui symbolise ce grand peuple que forme l’Eglise, fut la procession qui a rassemblé les 7000 participants sur l’esplanade du sanctuaire marial. Chaque diocèse autour de sa bannière, nous avons médité les paroles du Notre Père, à l’aide d’un enseignement d’Enzo Bianchi.

Nous revenons aussi avec une expérience d’une catéchèse mystagogique sur l’eucharistie.  La liturgie eucharistique nous permet de passer de la table de la Parole à la table du Pain et du Vin. Le pain nous est donné, descendu du ciel mais aussi pétri par nos mains. Ce sacrement est pour nous et pour le monde. Personne n’a pris la vie de Jésus ; il l’a donnée. Alors, comment nos vies deviennent-elles eucharistiques ? Le pèlerinage vers la communion avec l’autre est à vivre chaque jour.

 

L’Eglise doit en venir au dialogue avec le monde dans lequel elle vit et elle est la communion des hommes et des femmes qui écoutent la Parole de Dieu et en témoignent.

 

Pour conclure, Mgr Dufour nous rappelle qu’il n’y aura pas de renouveau de la catéchèse sans un renouveau de la foi. Au commencement est la Parole, elle nous accueille et nous fait vivre.  Nous devons la faire résonner et la faire vivre, mettre la Parole de Dieu au cœur de la catéchèse. Cette catéchèse est la responsabilité de toute l’Eglise qui doit mettre les disciples en intimité avec Jésus Christ.

 

Accueillons gratuitement au nom du Christ en prenant l’autre tel qu’il est et accompagnons-le.

Buvons l’eau de la source et devenons témoins que c’est cette eau là qui nous fait vivre.

Croire c’est transmettre. Toute l’Eglise de France rassemblée à Lourdes est en marche, à la rencontre de Quelqu’un.

Gardons dans nos cœurs les paroles d’un chant du congrès-pèlerinage :

 

Le semeur est sorti pour semer

Il a pris le chemin de nos cœurs

Rien n’arrêtera son geste

La moisson de l’amour nous attend chaque jour.

 

 

ThérèseBouttes et Odile Masseret:

 

ECCLESIA? Qu’est ce que cela veut dire ?

Le congrès de la responsabilité catéchétique. Il a eu lieu à Lourdes, du 26 au 28 octobre 2007, avec 7000 participants dont 55 évêques, 700 prêtres,  des diacres, des religieux, religieuses, et  bien sur  des laïques ; un peuple rassemblé, mobilisé en Eglise, riche de la diversité des origines, des engagements.

Ecclésia, un rassemblement unique depuis 40 ans, un mouvement qui s’inscrit dans la mouvance des textes des évêques sur le renouveau de la catéchèse ; dont le thème était :

ENSEMBLE, SERVIR LA PAROLE DE DIEU.

 

Qui est allé à ECCLESIA, comment s’est déroulé ce congrès ?

Nous étions 104 du diocèse, après un départ différé de 2 heures , le temps d’attente nous a permis de faire connaissance et de repérer quelques têtes connues ! En route vers Lourdes, avec une arrivée vers 23h ! Nous avons  eu la chance d’être logés tous dans le même hôtel, 3 étoiles,  2 par chambre,  nourris comme des coqs en pâte !

Trois journées de marche intense, des allers et retours entre l’hôtel, la basilique PIE X, la cité St Pierre, et les innombrables .salles pour les forums, chargés d’un sac à dos siège.

Malgré le programme très dense, la visite à la grotte ne fut pas oubliée.

 

Le programme :

 

Ø conférences par de grandes pointures, théologien, prieur, directeur de formation, religieux, laïcs dans la basilique

 

Ø Des forums : c’est-à-dire des espaces de rencontres et d’échanges avec de courtes interventions présentant des expériences de catéchèse, en paroisse dans l’enseignement catholique, en aumônerie ; des réalisations en pastorale familiale, de la santé, vécues dans les diocèses.

 

Ø Des audios visuels : bâtis sur une phrase du concile : »DIEU QUI EST INVISIBLE S’ADRESSE AUX HOMMES COMME A DES AMIS ET CONVERSE AVEC. EUX »

          Et les pèlerins d’Emmaüs d’après les peintures  D’ARCABAS.

 

Ø Des célébrations eucharistiques, des invitations à la méditation de la parole De Dieu, une procession sur l’esplanade ; et lors de la cérémonie de clôture, le ballet des bannières représentant la statuaire mariale propre à chaque diocèse, ce qui a permis à quelques uns de dire : » c’est Marie qui enfante l’Eglise »

 

Ø Une exposition permanente dans la basilique et au village missionnaire, présentant des expériences multiples, en particulier des ateliers artistiques, lecture de la parole, présence de mouvements, etc.

 

Ø Nous voulons aussi souligner le très haut niveau technologique : 10 grands écrans, un groupe d’animation musicale, un service d’ordre parfait (les sorties de la basilique dans le calme et la fluidité).

 

Après le décor, qu’avons-nous découvert?, qu’est ce qui nous a nourris ?

Servir la parole de Dieu, mais comment ?

Enzo Bianchi, prieur à Boze en Italie, nous rappelle que l’Ecriture est Parole de Dieu, qu’à travers cet écrit, il se révèle à nous. La parole est créatrice, elle instaure une histoire. La mission de l’Eglise est de se faire écho de cette parole, donc nous en sommes les serviteurs, par sa fréquentation quotidienne.

Parole qui ne doit pas être modifiée, dénaturée !

« Chacun est appelé à  être chair de la parole de Dieu ! (on a du pain sur la planche !)

 

Cette écoute de la Parole de Dieu, qu’est ce qu’elle nous dit de Jésus ?

Christophe Théobald, théologien jésuite, nous met à l’école du Christ initiateur. La pédagogie du Christ est discrète, lente et patiente, parce qu’elle accompagne la personne dans toute son humanité, de sa naissance à sa mort et au-delà.. De cela découle la notion d’aîné dans la foi, c'est-à-dire une façon de vivre dans le Christ qui nous engage à la fraternité, car l’évangile : ce n’est pas que des mots, mais une réalité qui prend corps dans la relation.

 

Alors, qu’est ce que cela veut dire être ainé dans la foi ?

L’aîné dans la foi  c’est celui qui est héritier de par ses parents ou de son entourage de leur expérience de foi. Il a donc à transmettre fidèlement, à être témoin, que ce qu’il a reçu n’est pas de lui, mais vient des trésors de la foi inscrit dans l’histoire des hommes depuis 2000ans !

L’aîné n’a jamais fini de grandir, de se laisser pétrir par la Parole.

 

 Mais dans le concret, cela se passe comment,  quel rôle a l’ainé ?

L’aîné accueille l’autre là où il en est, sans jugement, puis l’accompagne sur les chemins vers Dieu. Il est courroie de transmission ! Il est passeur, appelé à s’effacer pour laisser la personne dans sa totale liberté.

 Notons que l’on ne peut être aîné dans la foi  tout seul, mais tous ensembles, dans une communauté, en Eglise.

 

 Cerise sur le gâteau, Odile va nous expliquer ce qui l’a particulièrement marquée : la mystagogie !

Ce mot veut dire faire entrer dans le mystère C’est toujours lié à une liturgie, à la célébration d’un sacrement. On revient sur ce que les participants ont vu, entendu, les gestes, les mots utilisés, les objets. C’est un chemin d’approfondissement qui  ne consiste pas  à expliquer les rites avant de les célébrer, mais lorsqu’on les a célébrés, à les laisser parler.

L’expérience que nous avons vécue à Lourdes s’est passée le dimanche après la messe,  sur le lien entre la parole et le pain.

 

 En conclusion : Ecclésia congrès sur la catéchèse car croire c’est transmettre à tous, à tout âge, à tout moment de la vie. Comme nous l’a dit Mgr Dufour : » il s’agit maintenant de proposer la foi, c'est-à-dire, non plus seulement l’entretenir, mais la faire naitre ». Il ne s’agit plus de faire le catéchisme, mais d’annoncer l’Evangile pour que tout homme l’entende.

 

Dieu sème en nous une parole d’humanité,

Le fils de l’homme vient nous rencontrer.

 

Dieu sème en nous une parole de liberté,

Le fils de l’homme vient nous relever.

 

Dieu sème en nous une parole de vérité,

Le fils de l’homme vient nous envoyer.

 

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