Plusieurs
personnes m’ont demandé le texte de mon homélie lors de la fête de l’Epiphanie.
Rien ne vaut la tradition orale, plus riche, plus vivante (le ton, les mimiques,
etc.). Je vais essayer de vous transcrire ce que je vous ai dit ce jour-là :
Je vous souhaite
du fond du cœur une bonne, une sainte, une heureuse année. Bonne et sainte année
à vous tous les paroissiens de notre belle paroisse Notre Dame des Sources.
Depuis 2002, date de la fondation de notre paroisse, nous avons pris le temps de
nous connaître, de nous rendre proches les uns des autres, de faire route
ensemble. Il est temps maintenant de franchir une étape, de devenir ce que nous
sommes appelés à être : une communauté missionnaire ! Soyons
signes les uns pour les autres et pour tous nos contemporains, nos concitoyens,
nos voisins et amis, de ce Dieu qui s’approche et se propose à notre vie.
N’oublions pas : notre Dieu se fat connaître, se manifeste, parle, se révèle
à chacun, chacune.
L’histoire
des Mages est un peu notre histoire : ils partent vers l’inconnu... et Jérusalem
est une étape et non un but. Que chacun de nous entende ce que le Seigneur lui
dit. Chacun de nous pourrait parler ainsi (et
la Paroisse ND
des Sources également !) :
Aujourd’hui, qu’est-ce
que j’entends ? J’entends que j’ai de la route à faire pour trouver
Dieu. Une longue marche, semée d’embûches, de tâtonnements, d’arrêts,
d’interrogations de toutes sortes, mais une marche à l’étoile, parce
qu’il a gravé dans mon cœur d’homme cet appel à aimer qui m’attire vers
le vrai, le beau, le bon. Il n’y a qu’un chemin vers Dieu : être
amour. A chacun d’inventer son chemin d’amour.
J’entends encore qu’il me faut
passer par l’Eglise pour entendre la Parole, celle qui me dit où est Dieu ;
mais qui me dit aussi que l’Eglise n’est pas sa demeure, son domicile, sa résidence,
son palais…, mais seulement une étape vers sa demeure, Bethléem, la maison
du pain, du pain eucharistique et du pain partagé.
J’entends aussi qu’il me faut
renoncer à savoir d’avance où, quand et comment je vais rencontrer Dieu,
mais qu’il me faut être prêt à le rencontrer n’importe où, n’importe
quand, n’importe comment… ce qui me demande de me dépouiller de mes idées
sur lui, de mes rêves, de mes attentes, en un mot de me faire pauvre pour
qu’il puisse m’enrichir de Lui. Je serai peut-être étonné, choqué, voire
scandalisé de le trouver couché dans une mangeoire ; je serai peut-être
alors tenté de me détourner de Lui pour le chercher ailleurs ! Pourtant,
le bonheur est bien là : accepter de se prosterner devant un berceau,
donner le meilleur de moi-même (mon or, mon encens, ma myrrhe) à ce moins que
rien de bébé pauvre, dont mon étoile-Amour me dit qu’il est Dieu-avec-nous.
« Bienheureux les cœurs purs, parce que pauvres, désencombrés, ouverts,
accueillants, disponibles : ils verront Dieu ».
« Quand est-ce que nous
t’avons vu ? » demanderont les élus de Dieu. Et le Seigneur de répondre :
« Tu m’as vu… chaque fois que tu as vu un frère ».
Le message de l’Epiphanie, après celui
de Noël, nous confirme que Dieu est présent dans notre humanité. Tout homme
est Signe que c’est là, dans l’humanité de l’homme, qu’Il nous donne
rendez-vous.
Si on cherche
Dieu authentiquement, on finit toujours par trouver l’homme.
Si on cherche
l’homme authentiquement, on finit toujours par trouver Dieu.
Je te souhaite une
bonne et sainte année, paroisse Notre-Dame des Sources.
Si tu es dans
l’amour, tu es en Dieu, parce que « Dieu est Amour ».
Marc Denaës
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