Intervention finale de Mgr Christophe Dufour
Lourdes,
le dimanche 28 octobre 2007
Je m’associe
aux remerciements du père Jean-Claude Reichert. Je remercie en particulier
toute l’équipe
du Service National de la Catéchèse et du Catéchuménat. Je suis témoin de
leur total engagement au service de notre Congrès. Ils l’ont organisé dans un temps
record, s’adaptant en particulier au
merveilleux engouement qu’il
a suscité dans les diocèses, puisque nous sommes passés de la perspective de
2000 participants estimés en janvier à 7000 aujourd’hui.
Je joins à ce bravo les membres des autres services nationaux qui ont participé
à l’organisation.
Merci et bravo à tous. Je remercie mes frères évêques pour leur présence,
et en particulier Mgr Jean-Louis Papin, vice-président de la Conférence des Evêques
de France, qui a présidé notre eucharistie ce matin. Je dois enfin un merci
aux délégations étrangères : votre témoignage positif et enthousiaste
nous encourage.
Il me
revient maintenant de porter un bref regard sur notre congrès et d’ouvrir
quelques perspectives. Qu’avons-nous
vécu ? Et après ?
Une
phrase de Dei Verbum nous a conduits "Dieu, qui est invisible, s’adresse
aux hommes comme à des amis et converse avec eux pour les inviter à entrer en
communion avec lui et les recevoir en cette communion". Au commencement est
la Parole. C’est
elle qui nous convoque et nous rassemble. C’est
elle qui nous accueille et que nous accueillons. C’est
elle qui nous fait vivre et revivre. Elle est une lampe sous nos pas, elle est
une lumière sur nos routes. Nous sommes appelés à la faire résonner, nous en
sommes responsables et l’Eglise
a la mission de la servir. Ce fut le thème de notre congrès :
"Ensemble, servir la Parole de Dieu". Mettre la Parole de Dieu au
coeur de la catéchèse, ce fut là un objectif essentiel d’Ecclésia
2007 et nous vivons aujourd’hui un temps béni de l’histoire
de notre Eglise de France qui met la Parole de Dieu au coeur de la vie des
communautés. Notre joie d’avoir
goûté la lectio divina en témoigne et celle d’avoir
partagé de nombreuses initiatives dans ce domaine nous remplit d’une profonde confiance.
Un
deuxième fruit de ce congrès de la responsabilité catéchétique est la prise
de conscience que la catéchèse est la responsabilité de toute l’Eglise.
La catéchèse n’est
pas toute la mission de l’Eglise
mais elle est la responsabilité de toute l’Eglise.
Elle l’est
selon l’ordre
donné par le Christ lui-même à l’Eglise
apostolique : "Allez ! De toutes les nations, faites des
disciples". C’est
bien le but de la catéchèse de faire des disciples de Jésus et de les mettre,
comme disait Jean-Paul II, "en communion, en intimité avec Jésus-Christ".
Faire des disciples est la responsabilité, la mission évangélisatrice de
toute l’Eglise.
Un
troisième fruit de ce Congrès se voit dans l’espérance
et le souffle qu’il
nous donne. Nous l’avouons
souvent, la mission est difficile. Nous avons l’intuition
que l’Evangile
est attendu, mais les résistances et les obstacles sont nombreux. Pour la première
fois de son histoire, l’Eglise
doit évangéliser une société qui n’est
plus religieuse, une société sécularisée. Les obstacles sont aussi en nous-mêmes
qui sommes parfois peu enclins à une vraie conversion pour former une Eglise
qui propose la foi. Mais nous témoignons ici d’un
souffle évangélique, d’une
audace missionnaire pour que nous soyons au coeur du monde non seulement une présence
évangélique, mais une présence évangélisatrice.
Un
quatrième fruit enfin, je le contemple dans le riche partage d’expériences
que nous avons vécu. Il nous donne foi en l’action
de l’Esprit
Saint qui fait toutes choses nouvelles. L’échange
des savoir faire nous stimule et développe nos talents au service de l’annonce
de la Parole. Ce partage entre paroisses, services et mouvements doit se
poursuivre et nous faire progresser encore, au sein de nos diocèses et de nos
provinces.
De
nombreux évêques sont présents ici à Lourdes, près de 60. "L’évêque
a pour fonction principale, avec la prédilection, de promouvoir une catéchèse
active et efficace" dit le directoire pour le ministère pastoral des évêques.
Il appartient à chaque évêque de donner des orientations catéchétiques et
de les inscrire au coeur du projet pastoral de son diocèse. Au cours de ce
congrès, nous avons voulu que vous puissiez vivre des temps en diocèse, créer
des liens, partager. Tout cela est, j’en
suis sûr, de bon augure pour l’avenir
de la catéchèse dans nos Eglises locales.
Pour
ma part, dans la responsabilité que m’ont
confiée mes frères évêques au sein de la conférence, je veux maintenant
vous partager les perspectives de travail de la commission épiscopale de la catéchèse
et du catéchuménat. Comment la catéchèse participe-t-elle à la mission d’évangélisation ?
Cette mission est celle de toute l’Eglise,
nous l’avons
vécue à Ecclésia 2007, et j’en
profite pour remercier tous ceux des services et des mouvements qui sont présents
nombreux à Lourdes. Voici quatre perspectives de travail de la commission que
je préside.
1. La première
annonce
La
catéchèse s’adresse à des personnes qui
ont reçu une première annonce et qui demandent à suivre le Christ qui leur a
été annoncé. Et pour les autres ? Parmi ceux que nous accueillons ou
vers qui nous allons - je pense par exemple aux nombreux élèves
accueillis dans les établissements catholiques ou les futurs mariés accueillis
dans les paroisses - beaucoup n’ont jamais été en contact
avec la foi chrétienne ou n’ont
pas été catéchisés. Avouons que nous ne savons pas bien faire. Lors des JMJ
de Cologne, Benoît XVI suggérait aux évêques allemands une sorte de pré-catéchèse
pour une première annonce : "Peut-être, disait-il, devrait-il
exister pour les non croyants une sorte de pré-catéchèse d’accès
qui ouvre avant tout à la foi". C’est
une première orientation de notre travail.
2. La formation
des catéchètes
La
catéchèse est la responsabilité de toute l’Eglise.
Mais l’Eglise
suscite en son sein des vocations de catéchètes. Dans ces temps de renouveau,
une tâche importante sera la formation. Nous pouvons déjà pressentir quelques
points clés de cette formation.
*
Former à la lectio divina, qui lit l’Ecriture
comme une Parole de Dieu, qui fait entrer en dialogue avec Dieu, qui conduit à
la prière.
*
Former à la vie spirituelle qui donne d’accompagner
le travail de l’Esprit
Saint dans les personnes et de repérer les pierres d’attente
de la Révélation.
*
Former le catéchète à être un aîné dans la foi, c’est-à-dire
à être témoin du trésor qu’il
a reçu et de la tradition vivante de l’Eglise.
3. L’éducation
chrétienne au sein des familles
La
Commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat a le projet de réaliser
un livre des familles, une sorte de petit catéchisme qui aidera les familles à
transmettre la foi comme une vie, à éveiller à la foi comme un chemin de
croissance.
4. La pédagogie
d’initiation
Comment
irons-nous de la Parole de Dieu au Credo de la foi de l’Eglise ?
Ce chemin est proposé aux adultes que l’Eglise
conduit aux sacrements de l’initiation
chrétienne. C’est
un chemin balisé, le chemin catéchuménal. Nous disposons de deux bons outils :
le catéchisme des évêques de France et le catéchisme de l’Eglise catholique. Quelles démarches,
quels itinéraires allons-nous proposer pour les traverser ?
Que l’Esprit nous éclaire, nous soutienne et nous fortifie dans notre mission. Avant de nous séparer, écoutons la promesse faite à Marie : "L’Esprit Saint viendra sur tou". L’Esprit Saint viendra sur toi, Eglise du Christ. Serviteurs de la Parole, renouvelons notre acte de foi et confions-nous à la prière de Marie, "mère et modèle des catéchètes". Disons avec elle : "Qu’il nous soit fait selon ta parole".
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