EDITO :         LE FIGUIER

Nous lirons la parabole du figuier stérile (Luc 13, 6-9), le 3°dimanche de carême. Planter un figuier dans une vigne permet au cep de s’y accrocher pour pousser et au vigneron de s’y mettre à l’ombre. Le figuier s’accommode d’une terre pauvre et rocailleuse. Dans une vigne, il trouve un bon terrain pour se développer. Encore faut-il qu’il produise du fruit. Sinon il « épuise le sol » inutilement et prend la lumière.

C’est ce qui se passe dans cette parabole : alors qu’un figuier peut donner deux récoltes par an, celui-là est stérile depuis plusieurs années ; la déception du propriétaire est donc grande ! Voilà pourquoi il décide de l’abattre. Le vigneron, lui, plaide pour la patience et se propose d’accorder au figuier des soins supplémentaires.

 Trois années sans fruit : allusion aux trois années de prédication de Jésus ? « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1, 11). Que va-t-il se passer ? Dieu va-t-il rejeter son élu ? Non, Dieu est miséricordieux ! Admirons l’immense patience de Dieu. Elle se manifeste à travers toute l’histoire sainte, et elle continue. Elle est à l’œuvre depuis la création de l’univers jusqu’au don de l’Esprit-Saint « qui est Seigneur et qui donne la vie » comme nous le proclamons dans notre « credo ».

 En ce carême, accueillons cette miséricorde pour nous-mêmes, et vivons-la entre nous ! Dieu est patient à notre égard pour qu’à notre tour nous portions du fruit. Les cultivateurs et les éducateurs savent combien la patience et la confiance sont nécessaires pour accompagner la croissance et la maturation d’un être. Le Christ prend soin de nous : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle  ». La conversion à laquelle le Christ nous invite, c’est de produire un fruit qui exprime notre relation à Dieu.

 Dieu de patience et de miséricorde nous refait sans cesse à son image. Implorons-le de ne pas laisser nos cœurs se dessécher ! Qu’il mette en nous la force de son Esprit. Le carême est un temps de grâce qui s’ouvre devant nous sur le chemin de Pâques. Soyons sobres et vigilants, cherchons le Seigneur avec confiance dans le secret où il nous convie. Que tout au long de ce carême, Dieu bénisse chacun d’entre nous !  

Marc Denaës

 

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