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Comme
chacun a pu le noter, nous, les évêques de France, avons publié un
texte intitulé : « Qu’as-tu fait de ton frère ? »,
pour inviter tous les catholiques, et plus largement tous les citoyens qui
le souhaitaient, à prendre en compte, à la lumière de l’Evangile,
les enjeux principaux de la situation de notre pays. Ceci étant fait,
nous considérons les citoyens comme des adultes responsables, capables
d’arbitrer, « en leur âme et conscience », entre les
diverses propositions des candidats. Et, par la suite, nous nous efforçons
de nous conduire comme des citoyens consciencieux, selon l’expression de
l’Apôtre Paul dans sa lettre aux chrétiens de Rome (1). Il
faut aussi, une fois l’élection acquise, prendre le temps de la
« relecture » pour tirer les enseignements de la campagne
électorale. Car tout n’est pas fait une fois le chef de l’Etat désigné.
Il est banal de dire que la vie continue. C’est une évidence. Mais il
faut aussi observer que, dans notre cas, d’autres élections aussi décisives
pour le bien commun de notre pays sont d’ores et déjà en perspective.
Sans attendre cette prochaine étape, il me paraît utile de
souligner ici trois aspects de la situation de notre pays, tels qu’ils
ont été révélés par les débats de ces derniers mois. Le
deuxième enseignement qui me semble se dégager de la campagne électorale
concerne le rôle des médias, et en particulier de la télévision. Aussi
bien lors des émissions qui mettaient en présence les candidats et des
échantillons supposés représentatifs des français que lors du dernier
grand « face-à-face », j’ai été frappé par « l’absence »
des journalistes. L’un d’entre eux disait même : « vous êtes
en direct avec le candidat, il n’y a pas de médiation ». Mais
quand un média me dit qu’il n’y a pas de médiation, je me dis
qu’il y a ..un problème. Car si le média se rend invisible et
transparent, cela ne signifie pas qu’il n’existe pas. Il convient donc
d’être d’autant plus attentif au rôle qu’il joue. Et
ceci m’amène au troisième aspect sur lequel il me paraît urgent de réfléchir :
le mode actuel de scrutin, surtout compte tenu de cette « absence »
perceptible des médias, pourrait nous conduire à penser que notre avenir
ne dépend plus de nous, mais d’une personne élue qui aurait solution
à tous nos problèmes. Mais il faut lutter contre cette forme insidieuse
d’idolâtrie. Elire un chef de l’Etat c’est lui confier une
responsabilité importante, décisive sur bien des points, mais cependant
limitée, et de façon précise, par la Constitution de notre pays.
Son élection ne supprime pas, bien au contraire, ce que la doctrine
sociale de l’Eglise appelle « les corps intermédiaires ».
Il faudra bien reprendre la réflexion sur l’importance de ces médiations.
Mais
il faut surtout, et plus que jamais, se souvenir de l’Enseignement de Jésus :
« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à
Dieu ! (2) » Améliorer les conditions de vie,
c’est la tâche de l’Etat, et il faut évidemment le lui rappeler,
mais pour « réussir sa vie » il n’existe pas de
procuration. C’est à chacun d’entre nous qu’il revient ici de
s’interroger et de s’engager. Et que l’Esprit de Pentecôte soit
Lumière et Force pour nous tous ! + Hippolyte Simon, Retour à la page d'accueil : Accueil
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