« Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France »

 Il s’agit d’une réflexion fondamentale que les évêques français ont menée et votée lors de leur assemblée de Lourdes en novembre 2005. Dans sa préface, le cardinal RICARD, président de la Conférence des évêques de France, souligne qu’il concerne la responsabilité catéchétique de l’Eglise et s’adresse « à tous ceux qui se sentent concernés par c et te mission essentielle d’éducation de la foi à tous les âges. » Je voudrais essayer de vous en rendre compte. Bien sûr, mon travail est partial et partiel ; rien ne remplacera votre propre lecture à laquelle je vous encourage fortement ! Mgr Ricard insiste : « Le renouveau de la catéchèse passe par le renouveau de la foi et des communautés. » Soyons-en persuadés, « (… ) plus l’évidence chrétienne s’estompe dans notre société, plus de nouveaux venus, à tous les âges, cherchent le Christ, veulent le connaître et vivre de son message. Quête de sens, recherche de la Vérité, aspiration à un art de vivre, les pierres d’attente, aujourd’hui, ne manquent pas. Elles sont comme autant de nouvelles chances pour l’Evangile. »

Les évêques publient deux textes ; le 2° oriente la pratique par des « Propositions pour l’organisation de l’action catéchétique en France. » Je ne l’ai pas encore lu ! Je ne vous rendrai compte que du premier !

Dans son Avant-Propos, le texte nous rappelle que nous sommes des héritiers pleins de reconnaissance : « à chaque période de son histoire, l’Eglise a voulu trouver les chemins d’une catéchèse exprimant sa fidélité à Dieu et aux hommes. Elle s’est toujours préoccupée de porter dans l’espace des hommes et des femmes de son temps la foi qui fait vivre. » (…) Au fur et à mesure de la sécularisation de la société, l’Eglise a pris conscience que la catéchèse devait être vécue dans une sorte de « bain ecclésial ». Nous en avons l’expérience : la catéchèse s’est, au fil des années, de plus en plus appuyée sur la Bible et sur la liturgie. Plus récemment, nous avons pris conscience de la possibilité « d’une véritable maturité de la foi à chacune des étapes de la vie. » Ainsi, « l’attention ne se porte pas seulement sur l’âge, mais sur la personne des catéchisés, leur histoire et leur culture propres. »

« Voici maintenant venu le moment des propositions. Nous pensons nécessaire d’appeler résolument la catéchèse à se situer dans une volonté d’évangélisation, d’inviter pour cela les communautés à prendre conscience de leur vocation en vivant toujours davantage du mystère pascal, et d’être ainsi, par leur existence et leur manière de vivre, des signes pour le monde d’aujourd’hui et , en particulier, pour les catéchisés. »

L’Introduction Générale, entre autres choses, rappelle le contexte dans lequel l’Eglise annonce aujourd’hui l’Evangile. Notre société est pluraliste, et la proposition de la catéchèse aux enfants fait nombre avec les possibilités d’activités offertes aux familles. La culture ambiante privilégie chaque personne : « chacun entend être le maître de ce à quoi il croit et attend de l’Eglise qu’elle sache l’aider à être pleinement lui-même. » Notre monde occidental doute de lui-même et de ses valeurs. « C et te situation de ‘rupture de tradition’ conduit certains à vouloir se servir de la foi chrétienne comme d’une religion sociale ou d’une métaphore de la sagesse. »

Le « Texte National » comporte 3 chapitres :

  1. Une catéchèse vécue dans des communautés missionnaires.
  2. le mystère de Pâques au cœur de l’initiation.
  3. les points d’appui d’une pédagogie d’initiation en catéchèse.

Le 1er chapitre nous rappelle que l’Eglise du Christ est par nature missionnaire. C’est Jésus-Christ qui initie. Comme le Semeur de la Parabole, nous sommes invités à « sortir ». Il est absolument nécessaire « d’inscrire la catéchèse dans la vocation missionnaire de l’Eglise. Celle-ci, présente au milieu du monde, va au-devant des hommes pour leur proposer la foi. » « Chaque communauté chrétienne, particulièrement la paroisse, porte l’Evangile en s’efforçant de rassembler les fidèles, en invitant les uns et les autres à exposer leur existence au pouvoir de transformation de l’Evangile, en pressant ses membres d’entrer en conversation avec ceux qui les entourent et de rendre compte de leur foi, en célébrant la liturgie. C ’est par toute sa vie, son discernement et sa parole, que l’Eglise se m et au service de l’homme et lui perm et de progresser en humanité selon l’Evangile du Christ. » « Comme toute autre action de l’Eglise, la catéchèse trouve sa force dans l’amour du Christ reçu dans la communauté des croyants, accueilli dans la prière, sans cesse renouvelé dans la liturgie et en particulier dans la célébration eucharistique, vécu dans une vie de partage au cœur du monde. »

Dans notre société complexe, rapide, qui relativise tout, il nous faut trouver « un chemin possible pour grandir dans la foi et découvrir la richesse d’être chrétien. » Il est possible de faire le choix de croire.

« Les personnes s’éveillent à la foi à tout âge. » Il nous faut trouver des formes de première annonce  (travailler « à éveiller le désir », inviter « à un chemin de foi « ), et développer une éducation permanente de la foi. N ’oublions pas que « la communauté donne à la catéchèse un milieu nourricier où s’enracine l’expérience de foi » et qu’elle « exerce une fonction maternelle ». « C’est donc un défi majeur que de travailler à susciter, construire, faire grandir une vie de communauté. » « Dieu se donne à rencontrer dans l’épaisseur d’une Eglise qui ne déserte pas la terre. »

Le 2° chapitre nous rappelle que « le mystère pascal est au cœur de l’expérience chrétienne », que « l’initiation conduit à l’accueil de la Révélation ». « Entrer dans l’expérience chrétienne fait parcourir tout un itinéraire.(…) L’initiation est toujours un processus de maturation » qui s’adresse à toute la personne, « à la fois au cœur et à l’intelligence, à la volonté et à la mémoire. » Chacun est ainsi « conduit à découvrir la vérité de soi-même ». C’est une question « de choix et de décision personnelle. »

Le 3° chapitre souligne la liberté des personnes, d’où la nécessité de « perm et tre à ces personnes de formuler leurs questions existentielles, savoir écouter leurs demandes, accueillir leurs découvertes, en cherchant l’attente, le désir de Dieu qui a déjà été éveillé en elles par l’Esprit-Saint, avant même que commence le travail catéchétique. » Il faut veiller à « articuler accueil inconditionné des personnes et proposition exigeante », prévoir des « portes d’entrée diversifiées adaptées aux personnes, en respectant leur liberté », « porter un regard fraternel sur les personnes »  « Plus une proposition de démarche est rigoureuse, organisée et explicitée, plus la liberté des personnes est respectée. N’oublions pas que nous accompagnons « une aventure intérieure ». Accompagner veut dire : « laisser la parole de Dieu faire son travail, rendre possible le dialogue avec Dieu, conduire à la prière chrétienne. »

La Tradition de l’Eglise nous soutient et nous guide. « Le catéchète est frère du catéchisé. Il n’est pourtant pas ‘à égalité’ avec lui : le devoir de transm et tre appelle à exercer une forme d’autorité, celle qui perm et à l’autre de devenir ‘auteur’ de sa vie. (..) l’autorité du catéchète vient de ce qu’il n’est pas lui-même la source, mais le garant de la fidélité à une longue histoire de la foi vécue dans l’Eglise à travers les âges. »

« L’expérience chrétienne repose sur la découverte bouleversante d’être attendu, désiré, appelé, aimé gratuitement. C’est Dieu, le premier, qui vient nous chercher. » Accompagner nous invite donc à « partir du don qui place les sacrements dans la vie de foi, à intérioriser le don qui est fait dans les sacrements », à introduire aussi dans « la tension entre un don déjà pleinement offert et le désir d’un bonheur que Dieu prom et . » Notre travail consistera à ouvrir à la confiance et à faire entendre l’appel à aimer. Le parcours catéchétique doit perm et te à chacun de trouver son identité, de grandir en humanité.

 

J’ai été long, et je suis loin d’avoir tout dit, tellement ce texte est riche ! Lisez-le : il ne fait que 47 pages !

Marc Denaës

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