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QUESTIONS SUR LES MAGES
Les mages dont parle l’évangile de Matthieu ont-ils réellement
existé ?
Les mages de Perse - l’Irak et l’Iran d’aujourd’hui - étaient considérés
comme les meilleurs astronomes du monde. Ils représentent ici tout ce qu’il y
a de meilleur chez les païens, des gens qui cherchent sincèrement la vérité.
L’important, ce n’est pas que des savants soient vraiment venus du
Moyen-Orient adorer Jésus à Bethléem. Matthieu veut nous dire que les païens
eux-mêmes peuvent trouver le Christ alors que les scribes, des juifs fort
savants, peuvent le rater. Mais ils ne peuvent le trouver qu’à condition d’écouter
les prophètes de Jérusalem.
Pour bien comprendre ce texte, il faut se plonger dans l’Ancien Testament.
Matthieu écrit pour des lecteurs de tradition juive. Tissé d’allusions
bibliques, ce texte est d’abord une reprise originale du récit du ‘mage’
païen Balaam dans le livre des Nombres. Alors que le roi de Moab demande à
Balaam de maudire Israël, celui-ci s’y refuse. Au contraire, il va le bénir.
Comme lui, les mages auraient pu provoquer la mort de l’enfant en révélant où
il se trouvait mais ils vont repartir par un autre chemin. Balaam fait lui aussi
une prophétie fameuse annonçant la venue d’une « étoile » en Israël : «
De Jacob monte une étoile, d'Israël surgit un sceptre » Depuis longtemps,
cette parole était lue comme une annonce du futur Messie d’Israël. Matthieu
joue ici avec l’idée, populaire à l’époque, que tous les personnages
importants avaient une étoile particulière qui signalait l’importance de
leur destin. Cette croyance existait aussi chez les Juifs. Encore aujourd’hui
pour dire bonne chance en hébreu, on dit « Mazal tov ! », ‘Bonne étoile
!’. Matthieu nous dit que cette étoile est bien venue et qu’elle est en
fait Jésus. La seule ‘bonne étoile’, c’est Jésus et tout homme peut la
reconnaître.
Qui étaient les mages au temps de
Jésus ? Que représentaient-ils ?
Ces mages représentent le meilleur de la science de l’époque. Ils
symbolisent aussi les peuples païens qui accueillent avec joie le message du
Christ et qui se convertissent à Dieu alors que de nombreux fils d’Israël,
représentés ici par Hérode, le refusent. Tout est construit autour d’un jeu
d’oppositions. Hérode, le roi Juif, se révèle aussi endurci que Pharaon, le
roi d’Egypte, tandis que des mages païens viennent adorer Jésus, le fils de
David. Ce texte est un Évangile en miniature. Déjà les acteurs de la Passion
s’annoncent : Grands prêtres, scribes et Hérode, qui avaient tout pour
reconnaître le Messie en Jésus, ne l’ont pas fait alors que de pauvres pécheurs
galiléens et même un centurion romain ont pu faire ce pas et dire : «
Vraiment celui-ci était fils de Dieu !
Hérode est un prince païen que les Romains ont fait roi des Juifs. Il
symbolise le triste sort de celui qui a tous les moyens dans sa vie pour trouver
la vérité et faire quelque chose de sa vie. Il peut, s’il le veut, mais il
se perd dans ses propres mensonges. Il ne voit dans le Messie qu’un roi qui
viendrait menacer son pouvoir, acquis au prix de tant de mensonges et de sang. Hérode
prétend vouloir aller l’adorer, mais il ne le fait pas. Or, il ne suffit pas
d’affirmer vouloir être juste pour le devenir ! En fait, Hérode a peur.
Les mages, eux, montrent un autre chemin. Il s’agit de se mettre en route,
d’accepter de chercher longuement, d’être enseigné par ceux qui savent, de
suivre la voix de sa conscience et de faire humblement l’offrande de sa vie au
Christ. L’histoire des mages montre que le chemin du sage est humble comme
celui d’un enfant confiant. Pour le chercher et pour trouver la joie, il faut
à la fois utiliser toutes les ressources de son intelligence et celles de son cœur.
Intelligence et adoration, intériorité et rencontre, ne se contredisent pas,
nous dit Matthieu, elles marchent main dans la main comme des sœurs.
Pourquoi représente-t-on les
mages comme des rois, au nombre de trois. On leur a même donné des noms :
Gaspard, Melchior et Balthazar !
Là encore, il faut se tourner vers la Bible. Le psaume 72, l’un de ceux qui
annoncent la venue du Messie, affirme : « Les rois de Tarsis et des îles
rendront tribut. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande; tous les rois
se prosterneront devant lui, tous les païens le serviront ». Le verbe «
prosterner » fait le lien avec le récit de Matthieu. Plusieurs prophètes
avaient annoncé que le Messie à venir ne viendrait pas seulement pour les
Juifs mais que, par lui, les païens parviendraient à la connaissance de Dieu.
« Les trésors des nations viendront chez toi… Tous viendront de Saba,
apportant l'or et l'encens et proclamant les louanges du
Seigneur . » C’est ce qui se passe dans la première communauté chrétienne
et c’est ce que Matthieu annonce au début de son Evangile. On aurait pu
croire que Jésus ne serait roi que pour Israël mais les mages sont la preuve
que les autres prophéties, celles qui disaient que des païens se tourneraient
vers le Messie, vont également s’accomplir. Le Seigneur l’a dit : « Je
fais de toi la lumière des nations pour que mon salut atteigne aux extrémités
de la terre ».
Que symbolisent l'or, l'encens et
la myrrhe ?
Pourquoi le Pape a-t-il choisi
d’évoquer ces mages pour les prochaines JMJ ?
Comme ce fut le cas pour les mages, la rencontre du Christ peut nous faire
prendre un autre chemin. Paul, avant de suivre le Christ, a approuvé le meurtre
d’Etienne. De même, certains parmi les Juifs qui refusaient le Christ ont
fini par l’accepter. En disant pourquoi les rois se prosterneront devant lui,
le psaume 72 dit du Messie : « Il délivre le pauvre qui appelle et le petit
qui est sans aide » Il est une lumière et nous pouvons nous-mêmes devenir
lumière, même si nous ne croyons être qu’une petite bougie minable !
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