TEMOINS ET BATISSEURS
Compte-rendu de la rencontre du 30 Mars 2007
Claire
Kefalas :
Visiter
les
malades
Le
vendredi 30 mars, nous avons eu la chance de recevoir le témoignage de Claire
Kefalas qui nous parlait de son engagement à l'hôpital :
«-
Bonjour, je m'appelle Claire, j'ai 40 ans, je suis mariée, j'ai 5 enfants et
j'ai habité en Allemagne, en Espagne et à Riom. Je n'ai travaillé que cinq
ans en entreprise et depuis 3 ans, je m'occupe, avec une soeur et 4 autres
personnes de l'aumônerie catholique de l'hôpital de Riom.
Qu'est-ce
qu'une aumônerie catholique d'hôpital ?
C'est
un groupe de personnes chrétiennes (6 à Riom) qui sont une présence d'Eglise
dans l'hôpital
Quel
est le parcours que vous avez fait pour faire partie de ce groupe ?
Je
voulais m'occuper des malades depuis la maladie de mon père. Je me suis donc
renseignée et j'ai eu un entretien avec le vicaire de l'évêque. Le prêtre
qui s'occupait de l'aumônerie de l'hôpital de Riom était parti à la
retraite. J’ai reçu une lettre de mission de l'évêque qui présentait la
fonction de l'aumônerie de l'hôpital. Avec une soeur, nous avons repris le
poste d’aumônier de l’hôpital. La première fois que je suis allée à l'hôpital…
j'avais l'impression d'être en enfer !
Quelles
sont vos principales actions ?
Nous
sommes chargés de :
1
- visiter les malades
-
de long séjour : ce sont souvent des personnes âgées dont l'hôpital sera la
dernière résidence. C'est pourquoi l'ambiance ressemble à celle d'une maison
de retraite. On leur parle dans le couloir, pas nécessairement de religion,
mais on leur dit clairement que l'on est de l'aumônerie et on parle de ce qui
les intéresse. On les écoute beaucoup.
-
de court séjour : ce sont souvent des gens qui viennent d'être opérés, qui
ne restent pas longtemps et qui savent qu'ils s'en sortiront. Les chambres sont
fermées et l'on demande au personnel si le malade serait content de nous voir.
C'est important de leur laisser la liberté de dire « non ». A l’hôpital,
on se retrouve souvent en situation de dépendance et avec l’aumônerie,
c’est eux qui peuvent décider, ou non, de nous recevoir. IL NE FAUT PAS
S'IMPOSER.
2
- Mettre les personnes en contact avec un prêtre (le père Denaes) s'ils
veulent recevoir un sacrement ou lui parler, ou les mettre en contact avec des
ministres de leur religion (nous avons les numéros de l'Imam, du Rabin…)
3
- Parler avec la famille
4
- Les accompagner avec l'aide de nombreux bénévoles aux messes (à 16h le
vendredi), aux célébrations pénitentielles communes et à l'onction des
malades.
Qu'est
que l'onction des malades?
C'est
un sacrement qui consiste en une onction d'huile sainte. Le prêtre fait un
signe de croix sur le front du malade et l’Esprit Saint aide la personne à
traverser sa maladie. Juste avant la mort, on l'appelle cela l'extrême onction.
Comment
se passe une absolution collective?
Le
prêtre pose des questions suivies de temps de silence puis prononce la formule collective
d'absolution. On ne dit pas chacun ses péchés, on y réfléchit
individuellement.
Est-ce
dur de communiquer?
Oui
souvent, car les malades, sont souvent malentendants ou parlent difficilement.
J'ai, par exemple, visité une personne aveugle, presque sourde et qui marche à
peine. Au bout d'un moment, la communication étant très difficile, je me suis
tue. Elle fit de même puis me dit (texto) « J'ai besoin de votre amour
pour exister ». C'était très touchant car sa journée n'était animée
que par les repas, la nuit et cette rencontre.
Y
a-t-il des personnes qui refusent de parler ?
Généralement,
les personnes de long séjour sont contentes de nous dire bonjour et pour les
personnes de court séjour, l'infirmière leur demande d'abord si elles veulent
nous rencontrer.
Y a-t-il des personnes qui
deviennent chrétiennes grâce à vos interventions ?
Cela
ne m'est jamais arrivé car on ne parle pas souvent de Dieu et le
personnel nous oriente souvent vers des personnes chrétiennes. Mais il y en a
qui ne venaient pas à la messe qui ont changé d'avis
Cela vous est-il arrivé de visiter
une personne mourante? Comment cela c'est il passé ?
J'en
visite souvent. Quand la personne sent la mort venir, on va à l'essentiel :
elle repasse toute sa vie, évoque des souvenirs, souvent pose des questions sur
le sens de sa vie. Les malades chrétiens posent des questions immédiates comme
: Ai-je bien fait ?... Ces moments sont très émouvants car on se rend compte
que l'on est tous dans le même bateau
Merci beaucoup de votre témoignage.
Petites réactions après la
rencontre :
« Une
phrase m’a marquée : J'ai besoin de votre amour pour exister ».
« Faire
partie de l’aumônerie, ce n’est pas seulement parler de Dieu avec les
malades mais surtout discuter, parler avec eux de leur vie passée. Ce témoignage
était très bien ».
« Je
pense que ça ne doit pas être un métier facile : il faut s’adapter
constamment au mode de communication de chaque personne».
« J’ai
beaucoup aimé quand elle nous a parlé des gens qu’elle rencontrait, qui ne
pouvaient plus voir mais qui arrivaient quand même à communiquer avec elle».
« J’ai
trouvé ce témoignage très enrichissant et les anecdotes bouleversantes ».
« J’ai
bien aimé ce témoignage, la phrase qui m’a marquée c’est : j'ai
besoin de votre amour pour exister ».
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