2004 : les chemins de Saint Jacques

Que le Seigneur est bon ! Il nous a permis de cheminer sur les chemins de Saint Jacques, cet été 2004, année jacquaire car la fête de St Jacques, le 25 juillet tombait un dimanche, nous ne le savions pas, merci Seigneur de nous permettre de mettre nos pas dans ceux de nos ancêtres depuis environ 10 siècles. Certes, notre pérégrination était un peu particulière car nous avons voyagé le plus souvent en voiture. En effet, il était difficile de demander à des enfants de marcher et de monter sur scène ! Quatre fois, nous donnerons notre spectacle en échange du gîte, notre pèlerinage s’étalera sur une dizaine de jours.

            Nous nous sommes retrouvés (5 enfants, 4 adultes) le 14 juillet, au Puy en Velay pour un premier pique-nique, après un cache-cache non prévu, mais le Seigneur finit toujours par réunir les cœurs qui veulent se rassembler pour mieux le chercher. Conclusion constructive : évitons les rendez-vous sur un parking, ils sont souvent plus nombreux qu’on ne le pense ! La Chapelle St Michel, la visite de la Basilique et celle du Cloître pour certains d’entre nous nous conduiront rapidement au soir. Le monastère devant nous accueillir commencera par nous donner une leçon de patience : En effet, la porte restera fermée pendant un long moment, c’est que dame, vous croyez que les religieuses n’ont rien d’autre à faire qu’à prier et à vous attendre, mais pas du tout, à la Communauté Saint-Jean, les petites Sœurs sont très actives dans la ville, elles ont beaucoup à faire. Après un accueil chaleureux, la participation à un office, nous allions sombrer dans un sommeil profond. Mais non, hors de question ! Et le feu d’artifice alors ! Les enfants ont pu l’admirer avant de se coucher au plus vite. En effet, le lendemain, 7h, Jésus nous avait donné rendez-vous pour une prière eucharistique (une messe) et la bénédiction de tous les pèlerins. Ce fut un moment d’une grande richesse : d’abord la messe (ça, c’est le plus important), puis sous la statue de St Jacques, chaque pèlerin ou groupe s’est présenté, quelle diversité ! Sur le lieu de départ, le point de chute prévu pour cette année, le nombre de jours de marche, la motivation….. Que le Seigneur est bon de permettre tout ça ! Nous tirerons, chacun dans une corbeille, la prière d’un pèlerin de la veille, nous serons invités, nous aussi à écrire nos intentions de prières qui seront portées par les pèlerins du lendemain. Notre Eglise est bien vivante, en voici un bel exemple. Nous recevrons une médaille de Notre Dame du Puy afin qu’Elle nous accompagne sur le chemin, puis la Bénédiction Solennelle. Nous voilà donc partis, forts de toutes ces grâces.

            Les Sœurs regretteront beaucoup que nous n’ayons donné le spectacle, aussi c’est promis : la Troupe Fatima reviendra en 2005 pour donner son prochain spectacle sur Medjugorjé.

            On ne peut que louer le Seigneur ! Beau temps pendant tout le séjour (sauf 2 orages le soir, il faut bien que le Ciel s’exprime !)

            Monestrol d’Allier : pique-nique au bord de l’eau, baignade dans la rivière, quel plaisir de voir une si belle entente entre les enfants, et quand on s’entend bien, on peut construire : dans l’eau, ils construiront, devinez quoi ? Le Mont St Michel, faut le faire, non !

Le soir, nous serons accueillis par les Sœurs de l’Abbaye de Bonnevalle, à travers elles, nous serons coucounés par le Bon Dieu lui-même, nous resterons 2 nuits. Le Seigneur nous permettra d’entrer là où personne ne va habituellement : dans le Cloître. En effet, c’est là que nous donnerons notre spectacle, nous avons probablement créé la révolution ! On ne dirait pas, vu de l’extérieur, il semblerait que tout soit très fermé, mais pas du tout, quelle ouverture sur le monde ! Quel paysage grandiose ! Tout cela est évidemment très propice au recueillement et à la prière. Ces Sœurs Cisterciennes vivent selon la loi de Saint-Bernard ; les trois huit : 8h de prière, 8h de travail, 8h de sommeil. Une cassette vidéo nous permettra de découvrir la vie de ces religieuses, on ne dirait pas comme ça, mais c’est une véritable entreprise, équipée de machines, et savez-vous ce qu’elles fabriquent ? Du chocolat ! Pour réjouir le palais ! Délicieux ! Je vous le recommande. Merci Seigneur de vouloir notre bonheur en toute chose. Se levant très tôt, elles se couchent très tôt également, c’est donc dans l’après-midi du 16 juillet que nous avons donné le spectacle : COMPOSTELLE ou les chemins de SAINT-JACQUES devant 34 sœurs et un prêtre émerveillés. Scène et coulisses improvisées, salle chaleureuse, il faut dire que nos petits acteurs ont été très bien, c’était la première fois pour 3 d’entre eux. Quel public ! Que de questions ! On ne se séparait plus. Il fallait tout dire, tout raconter. Quelle joie d’être ensemble et de partager les choses du Ciel. J’ai bien envie de dire pompeusement que nous sommes allés au Paradis. Même le décor chancelant n’est pas tombé ! Nous resterons en union de prière, ça c’est sûr.

Le 17 au matin, nous revoilà sur la route pour nous rendre non loin de là : à Conques. Au passage, nous visiterons Espallion, petite cité médiévale. Ce qui va caractériser notre passage à Conques, c’est la rencontre avec d’autres pèlerins :

-      Au réfectoire : pour un repas en commun précédé d’un bénédicité et suivi de : « Le Vieux Pèlerin », chant entonné par un ancien et poursuivi par Brigitte et François (de notre Troupe, merci Mon Dieu, merci à eux), les jours suivants, nous nous appliquerons à apprendre ce chant, et d’autres (« Je vous salue Marie » à 2 voix s’il vous plait) afin de rapporter toutes ces richesses à la maison.

-         Au dortoir : pour un dodo bien mérité, car je ne l’ai pas dit, mais nous avons donné notre spectacle devant un petit public, dont quelques guides qui nous ont aidés d’ailleurs à mettre la salle en place, merci à elles. Frère Jean Daniel regrettera vraiment la présence des enfants du catéchisme.

On a pu voir des pèlerins, le visage marqué par la fatigue mais aussi marqué par la joie d’être là. Au petit matin, on les voit se glisser hors du lit de bonne heure, prendre soin du corps, des pieds notamment, ranger les affaires dans plusieurs sacs plastiques qui vont tous finir entassés dans le sac à dos. Bonne route ! Priez pour nous à Compostelle !

En ce qui nous concerne, avant le départ, nous irons visiter l’église, nous pourrons admirer le tympan si renommé ; grâce à un document, Brigitte nous permettra de suivre les précieuses explications nécessaires à la compréhension de ce chef-d’œuvre. Puis, nous célébrerons Notre Seigneur car nous sommes dimanche, très belle messe, c’est la fête de la dédicace de l’abbatiale Sainte Foy consacrée le 18 juillet 1909. Malheureusement, comme nous sommes dimanche, le pèlerin ne recevra pas le petit pain traditionnel et l’Evangile avant de reprendre la route, mais chaque enfant de la Troupe Fatima fera brûler une bougie près de la statue de Saint-Jacques ; nous présenterons, en silence, nos intentions de prières et celles de la paroisse, Ste Foy et St Jacques s’en chargeront. Nous ne repartirons qu’après avoir partagé le verre de l’amitié, merci Seigneur !

Une fois de plus, François nous trouvera un joli petit coin pour pique-niquer, à l’ombre d’un pont, avec le murmure de l’eau de la rivière, les poissons ont droit à quelques grains de maïs. Nous sommes toujours à Conques, les conducteurs ayant fait le nécessaire pour que les voitures se trouvent au bon endroit, nous allons pouvoir parcourir les 8km qui séparent Conques de Nouilhac à pied. Magnifique ! Mais ça monte dur au départ ! Quel plaisir de découvrir un paysage à la fois sauvage et civilisé. Un cheval amusera beaucoup les enfants. Madeleine (8ans) et Marie (11ans) nous feront chanter à gorge déployée. Quelle joie de pouvoir vivre de tels instants. Merci Seigneur ! Le gîte est là, mais la clef est ailleurs ! Aller, il faut marcher encore un peu. « Bonjour, vous payez tout de suite ? » sera le mot d’accueil, quelle différence avec : « Vous avez fait bon voyage ?, Donnez ce que vous voulez !, Vous paierez plus tard ! » : accueil des autres lieux. Mais laïcité oblige ! Que Dieu me pardonne si je suis mauvaise langue, qu’Il bénisse cette personne qui ne fait que son travail, qu’il la libère de ses soucis d’intendance afin qu’elle s’ouvre davantage à la Sainte Providence.

Le gîte ? Une merveille, rien que pour nous tout seul ! Belle salle à manger, à l’étage : 2 dortoirs de 20 lits chacun, en lits superposés. Nous profiterons de cette intimité pour présenter les intentions de prière tirées au Puy en Velay. Le Bon Dieu nous demandera de prier pour un pèlerin qui passera la nuit sous le même toit que nous. En effet, arrivé dans la soirée, il se mettra à grelotter, à vomir, bref, il est malade. Son amie ne sait que faire, le médecin viendra, donnera peu de précisions mais des médicaments qu’il faudra aller quérir au loin car nous sommes en pleine cambrousse, et la nuit ! Merci Alain (de notre Troupe) d’avoir accompagné cette personne jusqu’à la pharmacie lointaine sur des chemins sans grande indication. Que le Seigneur est bon de nous conduire ! Et vive la voiture ! Après une bonne nuit, le pèlerin ira mieux, mais pour ménager ses forces, il profitera du véhicule de Brigitte pour démarrer.

Aujourd’hui, lundi 19, direction Moissac. Qu’il est bon d’être accueilli par des paroles chaleureuses et un verre d’eau fraîche. Merci Seigneur. En fait, nous aurons peu de contact avec les 2 autres groupes (stage clownerie et stage musique : les musiciens se rendront à St Jacques de Compostelle en car pour chanter) ; les heures de nos repas étant différentes, nous échangerons peu.

Nous donnerons notre spectacle devant un public peu nombreux mais ravi. Un bel orage nous interdira de rapporter décors et costumes dans la remorque. Ce sera pour demain,  quand le soleil est revenu. Visite de l’église avec 3 enfants très motivés ! ! (les autres sont aux courses). Le cœur y est tellement que je m’apprête à sortir lorsque le Bon Dieu me rattrape pour me conduire… de la statue de St Jacques …. à la statue de Notre Dame (véritable chef-d’œuvre déposé dans une chapelle un peu cachée et fermée). Quelle belle chaîne d’amitié dans le Ciel, on rêve d’y aller au plus vite. Et comme d’habitude, la Maman Céleste nous tourne vers son Fils ; en effet, dans cette chapelle se trouve le Tabernacle. Les enfants seront désagréables au possible (ils en sont tout à fait capables comme nous d’ailleurs !). Une fois sortis de la chapelle, Nicolas (9ans) me dira : « J’ai prié la Sainte Marie pour qu’Elle me donne la sagesse et l’intelligence ». Bien sûr que tu obtiendras ce que tu as demandé Nicolas, et moi j’ai pris une bonne leçon une fois de plus : un enfant silencieux ne prie pas forcément, un enfant turbulent peut dans le même temps être très profond. Il faut dire que juste avant, nous avions fait la visite du cloître, visite guidée (le cloître est une merveille). Dans l’église, Brigitte découvre un jeu, ce sont des devinettes, invitant les enfants à bien observer et à se rendre d’un chapiteau à l’autre ; nous referons donc la visite du cloître l’après-midi à notre rythme, c’est à dire….. en courrant ! Une dame passant par là dira : « Vous arrivez à intéresser les enfants et à les faire courir ! ». Elle n’en revenait pas. Merci Brigitte d’avoir laissé l’Esprit-Saint agir à travers toi. Alain aura des démêlés avec la voiture, on a de la chance, elle nous a toujours conduits d’un point à l’autre. Nous terminerons la journée en longeant le Canal des deux Mers. Les enfants verront même fonctionner une écluse. Nous pourrons également admirer un pont tournant laissant passer tantôt les voitures, tantôt une péniche. Le Seigneur nous a gâtés, nous avons même dégusté une glace. Qu’Il soit béni pour tant de bontés.

Au revoir Moissac, mercredi 21, dernière ligne droite : Saint Jean Pied de Port. Nous arriverons en début de soirée après un pique-nique au bord de l’eau à mi-chemin. Ouf ! Il était temps, nous voilà bien à l’abri dans le gîte : il tombe des cordes ! On va s’ennuyer ? Après les jeux de cartes (les 7 familles : la Vie de Jésus, et nos Saints Patrons, entre autre), les enfants nous ont improvisé un spectacle, en privé, sous la houlette de Catherine (12ans). Il nous reste au fond du cœur, un grand moment de bonheur et cet air dans la tête : « Va, ta foi t’a sauvé, ta foi t’a sauvé… (groupe Glorius). Génial !

Jeudi 22. Dernier jour. Déjà ! Nous nous rendons jusqu’au Col de Roncevaux. Le soleil nous éclaire, et grâce à Dieu, nous pouvons admirer, admirer, admirer sa Création. C’est grandiose ! 14h30 : Rendez-vous devant la salle du Raïl-Alaïl comme prévu. Ce soir, on nous portera sandwichs et boissons fraîches, en attendant, on nous offre l’après-midi à la piscine. Merci Sainte Providence, c’est bien plus qu’on ne demandait. Tout le monde est ravi. Merci à celles et ceux qui se mettent au service du Bon Dieu, je suis sûre qu’ils sont largement récompensés. En ce qui nous concerne, vous croyez que « tout baigne »…. dans la piscine, eh bien non ! Pas tout de suite. Encore une leçon de patience ! Les chauffeurs vont récupérer la voiture manquante avec la remorque (décors et costumes) et surtout maillots de bain et serviettes ! …. Ils ne reviennent pas. Finalement Brigitte réapparaît annonçant panne et nécessité de réparer. Pendant tout ce temps, qu’est-ce qu’on fait avec les enfants ? On joue. Je propose timidement la prière. On fera une dizaine de chapelet tous ensemble pour Alain, il en a bien besoin. Je n’ose demander davantage lorsque Madeleine (8ans) s’écrie : « Alors, on la continue cette prière ! » On fera un chapelet entier toutes les deux, merci Madeleine, agrippe-toi à ton chapelet, ne le lâche pas, tu as raison. A peine la prière terminée, les maillots de bain arrivent, il fait très chaud, l’eau de la piscine est bonne, il est 16h ; Alain ne tardera pas à nous rejoindre. 19h : nous voilà tous dans la salle, nous affairant pour que tout soit prêt pour le spectacle. Marie (11ans) installera les coulisses : costumes et accessoires, un vrai petit ange, merci à elle. 

Avec Brigitte, nous avons beaucoup, beaucoup ri ; en effet, pour cette dernière représentation, alors que la troupe Fatima devenait probablement célèbre ! le Seigneur met à notre disposition des techniciens pour préparer cette grande salle de sport. Ils installent des estrades pour la scène, apportent des poteaux pour faire tenir notre décor (à vrai dire très simple : 2 grands draps verts, représentant la nature avec des pèlerins découpés et fixés sur des banderoles, merci Marie-Paule d’avoir utilisé les dons artistiques que le Seigneur t’a donnés), toute la difficulté est d’accrocher les draps. Les poteaux font l’affaire, même si le filet déborde, il est bleu, assorti à l’écran ! Nous trouvons ça très amusant. Rodolphe (11 ans) s’exclamera : « Je n’ai jamais vu des adultes rire comme ça ! » Merci Seigneur. Merci Brigitte pour ces fous-rires !  Le somome : à l’entrée, les habitués attendaient 300 personnes, pourquoi pas 200 ou 400 ?, ça, on n’en sait rien, on est un peu sceptique, mais on ne sait jamais ! Dix minutes avant le début du spectacle, Brigitte propose une savante opération : 300 – 36 spectateurs installés = 264 spectateurs qui vont tous se presser en même temps ! Quelle cohue ! On a beaucoup ri, et..… on a joué. Bravo les enfants car il était très tard, on nous avait demandés de ne pas commencer avant 21h30. Comme les fois précédentes, ils ont mis tout leur cœur ; même si l’âne est tombé, il n’a jamais autant galopé que ce soir-là !, même si la narration de la plus célèbre des légendes sur St Jacques : « Le Pendu-Dépendu », même si cette narration a été entrecoupée de rires : c’était à cause du hoquet ! Dommage, les spectateurs étaient un peu loin sur les gradins, mais on sentait leur présence à travers les refrains. Merci Seigneur pour l’accueil qui nous a été réservé tout au long de ce pèlerinage

A plusieurs reprises, Rodolphe émettra le désir de communier à Jésus durant la Sainte Messe. Nous Te prions Seigneur Jésus pour que Rodolphe et Nicolas puissent Te connaître et grandir dans la foi.

Il est certain que tous, acteurs, spectateurs et peut-être lecteurs, nous allons ressortir enrichis et sûrs de ton Amour Mon Dieu. Tu nous l’as prouvé maintes fois : la Providence c ‘est Toi à travers chacun de nous, n’ayons pas peur d’accueillir et de distribuer largement. Même dans les choses matérielles, Tu es là. Merci pour Ta présence, et celle de tous les Saints que Tu mets sur notre route pour nous guider vers Toi. En union avec tous les pèlerins, nous te bénissons pour saint Jacques qui nous a permis de découvrir d’aussi beaux paysages, probablement un avant-goût du Ciel. Que l’Esprit-Saint ouvre nos cœurs !

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