Le Sacrement de l’Ordre.

 

Après le mariage (n° 165), l’Eucharistie (n°168) et la Réconciliation (n° 169) nous abordons le sacrement de l’Ordre, celui par lequel les diacres, les prêtres et les évêques accèdent à leur mission. Essayons d’en comprendre le sens et la place dans la vie des communautés chrétiennes.

Les prêtres sont de moins en moins nombreux et beaucoup de villages n’ont plus de curé. Mais on voit aussi des choses nouvelles. La célébration des obsèques à l’église présidée par un laïc, parfois une femme. Et puis sont réapparus les diacres dont on ne sait pas bien la place, sinon qu’ils ne peuvent pas célébrer la messe. Il y a aussi un évêque dans cette hiérarchie. On le voit parfois à la télévision, dans le journal, ou lors d’une célébration. Quelle est donc la place de ces personnes, diacre, prêtre, évêque que l’on appelle « ministres ordonnés » ? Que veut dire ce sacrement de l’Ordre ? Est-il important pour la vie de l’Église ?

Si elle rassemble effectivement des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions, l’Eglise n’est pas pour autant une association parmi d’autres. Ses responsables ne sont pas élus. Car l’Église n’est pas seulement une assemblée de volontaires. Elle est un peuple convoqué et rassemblé par Dieu. On n’y entre pas en versant une cotisation mais en recevant le baptême qui est un don de Dieu. Ce peuple se rassemble le dimanche pour partager un repas un peu particulier où celui qui nourrit c’est le Christ Jésus, livrant son Corps et son Sang pour que les hommes vivent de la vie de Dieu.

Le baptême, l’eucharistie, mais aussi le mariage et la réconciliation, la confirmation et l’onction des malades sont des sacrements, c'est-à-dire des signes par lesquels se donne à voir la vie offerte par Dieu à tous les hommes. Ce sont des gestes grâce auxquels cette vie d’enfants de Dieu, de frères et sœurs dans le Christ, peut grandir au cœur de l’humanité. Or, la plupart du temps, ces sacrements sont présidés par un ministre ordonné, diacre pour le baptême ou le mariage, prêtre  pour l’eucharistie, la réconciliation, l’onction des malades, et, pour la confirmation, par l’évêque, lequel peut bien entendu les présider tous.

Cette présidence nous dit quelque chose d’important. S’il faut un ministre ordonné pour célébrer les sacrements, c’est justement pour nous rappeler que ceux-ci ne sont pas simplement des gestes humains mais un don de Dieu. Quand il préside la messe, le prêtre est là pour signifier que c’est le Christ lui-même qui se livre sur la Croix pour faire vivre tous les hommes. Quand il préside un baptême, le diacre manifeste que c’est le Christ lui-même qui fait passer le baptisé avec Lui de la mort à la vie éternelle. Quand il préside une confirmation  l’évêque signifie que c’est le Christ ressuscité qui envoie les confirmés en mission pour faire vivre l’Eglise.

Par rapport aux autres sacrements, l’Ordre est original. En effet, on peut demander à être baptisé, et sauf cas exceptionnel le baptême ne se refuse pas. On peut demander à recevoir l’eucharistie, et sauf cas exceptionnel cela ne se refuse pas. Mais on ne peut exiger de recevoir le sacrement de l’Ordre. Il faut y être appelé par l’évêque, qui est le signe du Christ continuant à appeler des hommes pour manifester sa présence au milieu de la communauté chrétienne et dans le monde.

Les ministres ordonnés sont, au cœur de l’Eglise, le signe du Christ toujours présent pour conduire son peuple, pour l’enseigner, le guider dans la prière. Ils exercent ce service dans la célébration des sacrements comme dans l’annonce et le témoignage de la Parole ou dans l’animation des communautés chrétiennes.

Rien de ce que font les ministres ordonnés ne leur est exclusif. L’assemblée célèbre avec eux. Tous les baptisés sont appelés à témoigner de la Bonne Nouvelle et à servir les hommes. Ainsi, diacres et prêtres travaillent et collaborent avec les autres baptisés. Mais leur présence est indispensable pour que l’Eglise n’oublie jamais qu’elle naît du don de Dieu et qu’elle invite toute l’humanité à marcher vers la maison où le Père veut rassembler tous ses enfants.

Père Jean-Louis Vincent

Responsable diocésain de la formation